Jean Fidèle Muhire Njara : Journal d’un créatif
11 mai 2024 // Cinéma // 7413 vues // Nc : 172

« La créativité est une habitude, et la meilleure créativité vient de bonnes habitudes de travail », disait la danseuse, chorégraphe, et auteure américaine Twyla Tharp. Mais comment se discipliner avec une âme aussi indomptable et touche-à-tout que celle d’un créatif ? Jean Fidèle Muhire Njara, un créatif qui travaille actuellement la photographie et la vidéo, s’est posé ces questions. Alors, depuis le 10 mars, son compte Instagram dark.ink.paper documente ses tentatives pour y arriver.

Un débutant qui s’aventure sur ce compte va se demander de quoi il s’agit : tutoriels sur la photographie et la vidéo ? documentation d’événements culturels ? voyages ou même cuisine ? Tout cela à la fois. En fait, il s’agit de montrer une version de la vie d’un créatif à Madagascar, loin de l’image idéalisée où on le perçoit comme cet être cloitré H24 dans un petit studio mal éclairé pour pondre une œuvre. « C’est pour documenter un jour dans la vie d’un créatif à Madagascar. Si je devais résumer une journée idéale, il y aurait un temps alloué pour travailler sur tes propres projets tous les jours, créer quelque chose tous les jours ; le deuxième ce sera un temps pour travailler, car il faut gagner de l’argent pour pouvoir créer quelque chose qui te plaît vraiment ; et un temps pour se sociabiliser, parce que ça t’ouvre à de nouveaux horizons, c’est vraiment prendre du temps, s’inspirer, sociabiliser, apprendre quelque chose. » Voilà qui explique donc ces photos et ces vidéos courtes, on y retrouve ces trois éléments.

Mais pourquoi se donner tant de mal à garder cet équilibre ? Peut-on même parler d’une sainte trinité pour créatifs ? « En tant que créatif, il y a des moments où tu peux être vraiment productif, d’autres où tu es face à une plage blanche, et d’autres encore où tu fais un burn out. J’observe des amis qui lancent des projets mais n’aboutissent pas à la finalité. La constance c’est pour éviter tout ça, choisir une chanson pour une vidéo c’est déjà avancer. C’est toi qui délimites tes résultats à atteindre. » Pour autant, il ne se positionne pas comme un donneur de leçons dont la méthode serait infaillible, bien au contraire, il est son propre sujet d’expérimentation, et ne sait pas encore jusqu’à quel épisode sa série de photos et de vidéos va continuer. Ce qui est sûr, c’est que les autres créatifs peuvent s’en inspirer pour trouver ce qui fonctionne pour eux. « Il y a des choses presque universelles : si je scrolle le matin, je n’arrive à rien en soirée. Après, chaque personne et chaque domaine est différent, j’ai un ami par exemple qui est plus productif entre minuit et trois heures du matin. »

En tout cas, Jean Fidèle reste fidèle à sa formule. Côté « business » comme il aime à appeler la vidéo, son agence Short Video ambitionne d’être le bras droit des entreprises dans la production de vidéos, vu qu’il est spécialisé dans le digital marketing. Quant à la photographie, il préfère la garder dans la sphère artistique, et continue à la mettre en avant dans la saison 1 de sa série sur son compte dark.ink.paper. Pour la suite, il se confie vouloir travailler avec un autre médium, un cahier à la main. « Pour le futur, je vais écrire, cela me permet de rendre compte de ce que moi je vis, de mieux structurer mes idées et de les transmettre. Il y a une plus grande liberté dans l’écriture, même en business. En tant qu’introverti j’ai du mal à m’exprimer oralement, écrire permet de me cadrer. »

Propos recueillis par  Mpihary Razafindrabezandrina
Contact : +261 34 42 223 31

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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