Toavina Rafanomezantsoa : De la street au bureau
10 août 2025 // Que sont-ils devenus ? // 5958 vues // Nc : 187

En mai 2022, Toavina Rafanomezantsoa posait ses mots pour Ramjasy, un groupe de rap conscient. Aujourd’hui, à la tête d’une association et directeur de l’Ivotoro, il a troqué le micro contre les dossiers. Même vision, même énergie : aider, promouvoir, donner de l’espoir… entre punchline et paperasse.

« Tsisy fika tsony ty Dago ity » (plus aucun espoir pour Mada). C’est une phrase qu’on entend souvent, à laquelle beaucoup croient. Toavina Rafanomezantsoa veut prouver que c’est faux, que ça ne tient pas la route.

« Je suis en contact avec beaucoup de jeunes. Eux, ils gardent espoir et font le maximum pour faire bouger les lignes. Nous, nous le faisons à travers notre musique », revendique ce rappeur qui n’est plus à présenter. Dans le premier opus de Ramjasy, dont il est membre, les 15 titres mettent en relief cet espoir d’un Madagascar meilleur. « L’art, surtout le rap, n’est pas que shows et clips à la télé. Plus fort, il y a aussi un combat pour l’humanité, un engagement sincère », dit-il avec fermeté et maturité.

Et dans cette optique de se battre pour un Madagascar meilleur, le rappeur – également fondateur de l’association Lôfo Madagascar – entreprend depuis peu le journalisme d’investigation. « Le rap et le journalisme ont beaucoup de choses en commun, notamment l’envie de raconter les faits. La différence réside dans le recoupement. Le rap se contente de déclarer », observe-t-il. Ce travail journalistique qu’il vient d’entreprendre a pour objectif de mettre à la lumière du jour ce qui est caché, afin de montrer aux plus jeunes que l’espoir ne doit pas faner.

Le rappeur jongle aujourd’hui entre ses engagements. Depuis quatre mois, il tient les rênes d’Ivokolo, une direction ministérielle qui explique les procédures à suivre concernant les paperasses administratives. « Ce qui – je pense – est une noble cause en faveur de l’accès à l’information », confie-t-il. Pour certains, il s’agit d’une reconversion professionnelle. Un rappeur – selon les idées reçues – n’est pas un bureaucrate, ça ne colle pas avec le fonctionnariat. « Je dirais que ma perception de la situation au pays a évolué en entrant dans le système. J’ai découvert un autre contexte qui m’a permis d’acquérir plus de maturité », explique celui qui a toujours revendiqué l’enseignement de la rue. Aujourd’hui, Toavina Rafanomezantsoa se redéfinit comme un « activiste pour le développement ». Toujours plus humain, l’artiste ne change pas entre cravate et T-shirt.

Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 34 46 290 50

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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