Toavina Rafanomezantsoa : De la street au bureau
10 août 2025 // Que sont-ils devenus ? // 3019 vues // Nc : 187

En mai 2022, Toavina Rafanomezantsoa posait ses mots pour Ramjasy, un groupe de rap conscient. Aujourd’hui, à la tête d’une association et directeur de l’Ivotoro, il a troqué le micro contre les dossiers. Même vision, même énergie : aider, promouvoir, donner de l’espoir… entre punchline et paperasse.

« Tsisy fika tsony ty Dago ity » (plus aucun espoir pour Mada). C’est une phrase qu’on entend souvent, à laquelle beaucoup croient. Toavina Rafanomezantsoa veut prouver que c’est faux, que ça ne tient pas la route.

« Je suis en contact avec beaucoup de jeunes. Eux, ils gardent espoir et font le maximum pour faire bouger les lignes. Nous, nous le faisons à travers notre musique », revendique ce rappeur qui n’est plus à présenter. Dans le premier opus de Ramjasy, dont il est membre, les 15 titres mettent en relief cet espoir d’un Madagascar meilleur. « L’art, surtout le rap, n’est pas que shows et clips à la télé. Plus fort, il y a aussi un combat pour l’humanité, un engagement sincère », dit-il avec fermeté et maturité.

Et dans cette optique de se battre pour un Madagascar meilleur, le rappeur – également fondateur de l’association Lôfo Madagascar – entreprend depuis peu le journalisme d’investigation. « Le rap et le journalisme ont beaucoup de choses en commun, notamment l’envie de raconter les faits. La différence réside dans le recoupement. Le rap se contente de déclarer », observe-t-il. Ce travail journalistique qu’il vient d’entreprendre a pour objectif de mettre à la lumière du jour ce qui est caché, afin de montrer aux plus jeunes que l’espoir ne doit pas faner.

Le rappeur jongle aujourd’hui entre ses engagements. Depuis quatre mois, il tient les rênes d’Ivokolo, une direction ministérielle qui explique les procédures à suivre concernant les paperasses administratives. « Ce qui – je pense – est une noble cause en faveur de l’accès à l’information », confie-t-il. Pour certains, il s’agit d’une reconversion professionnelle. Un rappeur – selon les idées reçues – n’est pas un bureaucrate, ça ne colle pas avec le fonctionnariat. « Je dirais que ma perception de la situation au pays a évolué en entrant dans le système. J’ai découvert un autre contexte qui m’a permis d’acquérir plus de maturité », explique celui qui a toujours revendiqué l’enseignement de la rue. Aujourd’hui, Toavina Rafanomezantsoa se redéfinit comme un « activiste pour le développement ». Toujours plus humain, l’artiste ne change pas entre cravate et T-shirt.

Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 34 46 290 50

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Décembre arrive et, comme chaque année, Madagascar se réveille culturellement.
Soudainement, les salles de spectacle se remplissent, les artistes sortent du bois, les concerts s’enchaînent. C’est la saison des festivités de Noël mêlant sacré et profane, et des expositions de dernière minute. Bref, tout le monde s’active comme si l’année culturelle se jouait en un seul mois. Et franchement, il y a de quoi se poser des questions. On ne va pas se mentir : les artistes malgaches ne sont pas là uniquement pour nous divertir entre deux repas de fête. Ils bossent, ils créent, et à leur niveau, ils font tourner l’économie. Le secteur culturel et créatif représentait environ dix pour cent du PIB national et ferait vivre plus de deux millions de personnes. Pas mal pour un domaine qu’on considère encore trop souvent comme un simple passe-temps sympathique, non ?
Alors oui, ce bouillonnement de décembre fait plaisir. On apprécie ces moments où la création explose, où les talents se révèlent, où la culture devient enfin visible. Mais justement, pourquoi faut-il attendre décembre pour que cela se produise ? Pourquoi cette concentration frénétique sur quelques semaines, alors que les artistes travaillent toute l’année ? Des mouvements sont actuellement en gestation pour revendiquer leur statut d’acteurs économiques essentiels et pour que l’on accorde à nos créateurs une place réelle dans la machine économique du pays. La culture malgache vaut bien mieux qu’un feu d’artifice annuel. Elle mérite qu’on lui accorde l’attention qu’elle réclame douze mois sur douze.

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Photos : Andriamparany Ranaivozanany

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