Mami Bastà : Du chant aux champs
14 novembre 2025 // Que sont-ils devenus ? // 1541 vues // Nc : 190

Porte-fanion du tandonaka, ce rythme typique du Vakinankaratra, Mami Bastà n’est plus à présenter. Dernier membre du célèbre groupe des années 90, Rémy, le guitariste-chanteur, auteur-compositeur-interprète, a fait récemment l’objet d’un film documentaire retraçant sa vie et son actualité.

Retour aux sources. C’est ce qui pourrait qualifier la trajectoire qu’a prise Mami Bastà, ce guitariste-chanteur connu pour ses morceaux « Voasary mandarina », « Mila vonjy ny gasilahy » ou encore « Mariazin’olon-tiana ».

Il a amené le tandonaka, ce style musical originaire du Vakinankaratra, sur les cinq continents. Mais malgré un agenda qui promet des concerts internationaux et nationaux, l’artiste a choisi de revenir à ce qu’il qualifie d’essentiel. « Je suis un artiste paysan. Ou plutôt un paysan artiste », dit-il, avec son rire naïf. Depuis sa maison à Antsirabe, le chanteur s’est relancé dans l’élevage de poules pondeuses, de zébus et de vaches laitières, d’oies et de cochons. « Joindre l’utile à l’agréable », balance-t-il.

Cette décision de revenir à l’essentiel est due à de multiples facteurs, notamment les événements difficiles qu’il a traversés, et le fait qu’il soit le dernier de son groupe encore de ce monde. « Mais ça ne signifie pas que je ne crée plus ou que je déserte la scène. Au contraire, cette retraite au milieu des animaux et des champs m’a permis d’écrire de nouveaux morceaux », signale l’auteur-compositeur. Il donne – de temps à autres – des concerts, au pays ou à l’étranger. À son absence, c’est son épouse qui s’occupe de la ferme.

Pour lui, tout le monde devrait être paysan, ne serait-ce qu’à mi-temps. Mais pour lui, c’est la vie d’artiste qu’il fait – dorénavant – à mi-temps. « Depuis le début de ma carrière solo en 2000 jusqu’à récemment, j’ai fait maintes fois le tour de Madagascar et plusieurs fois le tour du monde. Maintenant, je m’investis dans les tours de mes champs et les enclos de mes animaux », lance-t-il avec un éclat de rire.

Mami Bastà, aujourd’hui sexagénaire, a commencé à chanter à tout juste cinq ans. En 1977, il crée sa première chanson « Foaran’ny Belazao ». En 1982, il intègre le groupe Rémy, aux grands tubes comme « Rafianarana », « Fitia somongamonga » ou « Porofom-pitia ». En 2000, il quitte le groupe pour se lancer dans une carrière solo sous le nom de Mami Bastà. Et alors qu’il a un peu plus de temps pour rester chez lui, Mami Bastà est sur un nouveau projet artistique. Travaillant avec Dama, du groupe Mahaleo, il mène des travaux de recherche et écrit un livre sur les musiques de la Grande-île, notamment leurs similarités avec le tandonaka du Vakinankaratra. C’est normal pour un artiste chevronné de laisser de tels ouvrages pour la postérité. Faire du local-global ?

Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Mami Bastà
Contact : +261 32 21 418 23 (WhatsApp)

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

Lire

23 janvier 2026

Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

L’Ultra Trail des Hauts Plateaux (UTOP) fera son grand retour du 1ᵉʳ au 3 mai 2026 pour une 17ᵉ édition qui s’annonce particulièrement dense. Après av...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Janvier 2026 – NC 192

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition janvier 2026 - NC 192
Prise de vue : La Teinturerie Ampasanimalo 
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG - Carambole
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Mia, Alvine, Safidy, Ken, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir