Raphia Ladina : Raphia, miroir mon beau
20 septembre 2026 // Mode & Design // 61 vues // Nc : 200

Dans son atelier d'Ambohijanaka, Tolotra ne tresse pas seulement du raphia — il lui donne un nouveau reflet. Avec Raphia Ladina, cette fibre naturelle quitte doucement l'image des objets traditionnels pour entrer dans un univers plus design. Entre formes contemporaines et gestes artisanaux, le raphia ose regarder vers demain.

« Je me suis dit — pourquoi ne pas prendre une tendance moderne et lui donner une touche gasy ? » En observant les inspirations déco qui circulent sur les réseaux sociaux, notamment les miroirs en spirale très en vogue, Tolotra décide de ne pas seulement suivre la mode mais d'y ajouter une signature locale. Depuis 2021, Raphia Ladina transforme cette matière naturelle en pièces décoratives à part entière. « Le raphia, ce n'est pas seulement pour faire des sacs. On peut aussi l'utiliser dans la maison et lui donner une autre dimension », explique-t-il. Chaque création commence par un dessin sur papier, puis une structure métallique réalisée avec un artisan soudeur. Vient ensuite le tressage — randrana, landina — qui donne texture et caractère à l'ensemble. Certains modèles prennent une dimension sculpturale avec des miroirs en forme de fleurs où les pétales ressortent du cadre en relief, accompagnés de grandes feuilles travaillées à l'arrière.

La contrefaçon fait partie du décor, et Tolotra le sait. « Quand un modèle plaît, il y a toujours quelqu'un qui essaie de le refaire. Alors je préfère continuer à créer et changer régulièrement mes designs », dit-il, sans aucune ombre de regret. Une stratégie simple — ne jamais laisser l'imagination prendre sa retraite. Selon la complexité du modèle, un miroir peut demander d'une journée à une semaine de travail. Les créations débutent autour de 80 000 ariary. Parmi ses réalisations les plus marquantes figure un grand miroir de deux mètres sur trois, bordure en spirale entièrement en raphia, réalisé en une semaine pour 500 000 ariary. Une pièce presque architecturale qui illustre bien jusqu'où cette fibre peut aller quand elle est bien menée.

L'atelier réunit aujourd'hui une équipe d'environ six personnes. Raphia Ladina se concentre pour l'instant sur le marché local, sans point de vente physique — les commandes passent par Facebook, avec la possibilité de pièces entièrement personnalisées. « J'imagine bien un espace avec un miroir en raphia, une lumière douce, une étagère avec des livres. Un endroit simple, mais qui a une vraie âme », dit-il avec le sourire de quelqu'un qui voit ses créations habitées plutôt qu'exposées. Son objectif reste de faire découvrir aux Malgaches la valeur des créations locales — et de montrer qu'entre un outil traditionnel et un objet de design contemporain, il n'y a parfois qu'un coup de tresse bien placé.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 0385539652
Facebook : Raphia Ladina

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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