Ndao Hanavao : Le futur se bricole
16 novembre 2025 // Assos // 1482 vues // Nc : 190

À l’heure où l’Afrique cherche à dépasser le modèle de l’assistanat, de nouvelles initiatives misent sur la transmission et l’autonomie. À Madagascar, le laboratoire Ndao Hanavao forme des jeunes en réinsertion professionnelle à créer leur propre entreprise à travers le design social.

© Henitsoa Rafalia
© Nemo Neo

« L’ère de l’aide ou de l’argent gratuit est révolue. L’Afrique doit revoir en profondeur son approche du développement pour atteindre une croissance rapide », déclarait Akinwumi Adesina, ancien président de la Banque africaine de développement, parti à la retraite en août dernier. Une conviction déjà visible sur le terrain : au Rwanda, l’incubateur Inkomoko accompagne jeunes, femmes et réfugiés vers l’entrepreneuriat, tandis qu’à Madagascar, le PNUD, dans son programme 2024-2028, fait de l’entrepreneuriat un levier d’autonomisation à travers un appui technique et financier à 350 entrepreneurs, notamment dans les économies verte et bleue.

En avance sur cette tendance, Ndao Hanavao, laboratoire d’innovation et de formation en design social, accompagne depuis 2018 deux promotions de jeunes en réinsertion professionnelle pour créer leur propre activité. Créé par Rubis Mécénat, le fonds de dotation du groupe français d’énergie Rubis, et soutenu par Vitogaz Madagascar, le projet met à disposition un atelier équipé et des formations gratuites. La première promotion a été formée par le designer français Alexandre Echasseriau au recyclage des déchets plastiques, et la seconde par Samuel Tomatis, autour du recyclage des algues invasives de l’île Sainte-Marie.

Cette deuxième promotion vient d’achever sa formation en entrepreneuriat, après une année consacrée au design, afin de préparer la commercialisation du papier d’algue et de ses produits dérivés. Cinq jeunes de la première promotion ont, eux, fondé R’art Plast en 2022 et continuent de travailler au sein du laboratoire. « Beaucoup de jeunes peinent à trouver un emploi après leurs études, faute de diplômes ou d’expérience. Mais avec Ndao Hanavao, j’ai acquis des compétences en design, en français et en entrepreneuriat », témoigne Sandra Ramiliarisoa, cofondatrice de R’art Plast.

Ndao Hanavao illustre ainsi le post-assistanat évoqué par Adesina, en montrant ce que le design social peut apporter au développement : au-delà de la rentabilité et de l’emploi, le laboratoire travaille avec des collecteurs de déchets plastiques, d’algues invasives et des artistes, pour relier économie circulaire, création et inclusion. Aujourd’hui, R’art Plast poursuit la vente d’articles du quotidien fabriqués à partir de plastique recyclé, tandis que la deuxième promotion prépare le lancement de sa propre entreprise.

Mpihary Razafindrabezandrina

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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