Real Men Madagascar : Homme sweet homme
20 décembre 2025 // Assos // 1614 vues // Nc : 191

Née la même année que le mouvement #MeToo, l’association Real Men Madagascar célèbre sa huitième année avec un premier « Real Men Movement » à Fianarantsoa (19-26 novembre) et le lancement du projet Dimby, pour responsabiliser les hommes dans la planification familiale. Pour Koloina Andrianjatovo, vice-présidente, promouvoir la masculinité positive est un levier efficace contre les violences basées sur le genre.

Qu’entend-on par masculinité positive ?
Le concept n’a rien d’une définition de dictionnaire. Il est mouvant, vivant, un peu comme ces idées qui se construisent en marchant. Le fondateur de Real Men Madagascar souhaitait surtout encourager les hommes à assumer pleinement leurs responsabilités, car lorsqu’un homme prend sa place de manière juste, la famille — et donc la société — avance. Pour simplifier, on oppose souvent cette approche à la masculinité toxique : l’usage du pouvoir masculin pour blesser, dominer, réduire. Les stéréotypes qui interdisent aux hommes de pleurer ou les obligent à « tout gérer » entrent dans cette catégorie. La masculinité positive, à l’inverse, invite à utiliser cette influence pour se développer soi-même et faire grandir les autres. En clair : un homme qui s’élève sans écraser.

Comment traduire cette philosophie dans la réalité ?
L’association multiplie les outils : conférences, sensibilisations, campagnes. Leur événement phare, le Real Men Movement, s’étale sur une ou deux semaines et rallie de plus en plus de jeunes.

Le programme Taratra, lui, cible les adolescents dans les lycées : d’abord au Lycée Moderne Ampefiloha, puis à Akamasoa, Ankazobe, 67 Ha, Vontovorona et d’autres partenaires. Les jeunes hommes constituent le cœur de cible ; ce sont eux qui porteront la prochaine génération de comportements.

Cette année, le projet Dimby marque un tournant : il responsabilise les pères dans la planification familiale, à travers des descentes de terrain et des échanges directs avec les ménages — une approche que Koloina décrit presque comme « un retour essentiel aux foyers ».

Et le Real Men Movement en dehors d’Antananarivo ?
L’événement a toujours mêlé conférences et actions concrètes, comme des opérations d’assainissement. En 2019, l’équipe avait sillonné plusieurs centres, animé des discussions au Lycée Moderne Ampefiloha et mené des interventions à l’Akany Avoko Bevalala ainsi qu’auprès de personnes sourdes-muettes. Durant le confinement, la mobilisation s’est déplacée sur les réseaux sociaux, en vidéo, avec l’appui de personnalités influentes. Puis, une fois la crise passée, une grande conférence au Skate Park Antanimena avait remis le mouvement sur les rails, autour d’un thème encore tabou : les émotions des hommes. Cette fois, Fianarantsoa devient la scène principale : une semaine d’activités, dont un concours de vidéos accompagné de formations sur le montage, l’égalité de genre et les violences basées sur le genre.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Real Men Madagascar

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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