Daniellah Andriafeliniony : Faire tomber les murs par l’innovation
9 juillet 2022 // In & Out // 4020 vues // Nc : 150

Promouvoir les idées innovatrices ayant un impact positif dans la société, c’est un des objectifs de Falling Walls Lab qui en est à sa troisième édition, cette année, à Madagascar. Ce concours d’idées international a été créé par la Fondation Falling Walls à Berlin, soutenue par le Ministère fédéral allemand de l’Éducation et de la Recherche ainsi que des institutions académiques. « À Madagascar, il est organisé par le DAAD Lektorat Madagascar en partenariat avec l’Université d’Antananarivo, l'Association des médiateurs culturels (ADMC), le Centre de ressources des arts actuels de Madagascar (Craam), Air Connector et l’ambassade d’Allemagne à Antananarivo. Il s’adresse aux étudiants chercheurs, entrepreneurs et professionnels qui ont des projets, des recherches, des initiatives ou des modèles économiques novateurs dans toutes les disciplines », souligne Daniellah Andriafeliniony, représentante de Falling Wall Lab à Madagascar.

Les candidats sélectionnés ont droit à un accompagnement, car ils doivent présenter un résumé du projet de trois minutes en anglais. L’année dernière, Notoavina Ravel a remporté le concours grâce à son projet sur l’amélioration du système éducatif de la petite enfance. Cette année, le concours se déroulera au mois d’août à l’Université d’Antananarivo. « Le lauréat du Lab régional d’Antananarivo remportera un voyage à Berlin pour représenter Madagascar en novembre pour la conférence Falling Walls où vingt  des plus grands scientifiques du monde présenteront leurs recherches révolutionnaires. »


Page réalisée par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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