Ambatovinaky : Ville sous roche
6 juin 2026 // Histoire // 1599 vues // Nc : 197

Bien avant les klaxons et les façades fatiguées, Ambatovinaky était l'un des poumons stratégiques d'Antananarivo. Né d'une fracture rocheuse ordonnée par Radama I, ce quartier escarpé a vu défiler souverains, missionnaires et artistes. Les pierres racontent la naissance mouvementée de la capitale moderne.

Tananarive - Le Théatre Municipal et l'Eglise Norvégienne d'Ambatovinaky
©photo: Musée de la Photo

Ambatovinaky reste encore aujourd’hui un peu mystérieux. On y trouve une pente étroite, des murs anciens, des escaliers raides usés par le temps. « Même certains taxis ont du mal à situer précisément Ambatovinaky », remarque avec un sourire l’architecte Noely Ratsimiebo. Pourtant, derrière cette discrétion se trouve un lieu qui a joué un rôle important. Pour saisir l’esprit du quartier, il faut revenir au temps d’Andrianampoinimerina et de ses douze collines sacrées. La partie nord-ouest de la ville, alors sauvage et rocheuse, devenait un point de défense crucial. « C’était déjà une idée d’urbanisme assez avancée pour l’époque », ajoute l’architecte. Peu à peu, des ruelles étroites et des portes royales ont organisé la vieille ville.

C’est sous Radama I qu’Ambatovinaky a vraiment changé. Inspiré par les modèles britanniques après le traité anglo-malgache de 1817, le roi décide de lancer un grand chantier : faire sauter les rochers au nord pour ouvrir une route jusqu’à Antaninarenina, qui deviendra un centre commercial. « Ambatovinaky veut dire justement “la roche brisée” », explique l’historienne Helihanta Rajaonarison. Ce nouveau passage modifie le paysage urbain. Quand les missionnaires arrivent, le quartier gagne aussi une importance spirituelle. Le temple luthérien, construit entre 1873 et 1875, change complètement l’apparence du coin. « Ce temple est le premier grand bâtiment solide à Ambatovinaky. Il marque un tournant dans l’architecture, la société et la religion », note l’historienne.

À l'époque coloniale, le quartier est animé : il y a un tribunal, une mairie, une poste, une banque, un marché. Le théâtre municipal construit en 1899 reste son principal trésor culturel. Rapidement, une génération d'artistes malgaches talentueux s’en empare. Dans les coulisses, on entend les textes de Rabearivelo, les discussions nationalistes et les spectacles d'Odéam Rakoto qui adapte Molière en malgache. « Ce théâtre n'était pas seulement un endroit pour voir des spectacles. C'était un lieu de prise de conscience politique et culturelle », explique Helihanta Rajaonarison. Ambatovinaky devient un point de rencontre entre la modernité européenne, les traditions merina et une conscience nationale qui grandit. Aujourd’hui, même si les murs sont usés, chaque pierre porte encore le souvenir d’une capitale en pleine construction. La roche brisée a encore beaucoup à raconter.

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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