GameNaka : Les rêveurs de pixels
20 juillet 2025 // Grande Interview // 4324 vues // Nc : 186

À Madagascar, créer un jeu vidéo relève souvent du parcours du combattant. Alexandre Riri Jemisson, secrétaire général de l’association GameNaka, y croit pourtant dur comme fer. Son objectif : rassembler, former et faire émerger une nouvelle génération de créateurs malgaches. Entretien avec un passionné qui rêve d’un écosystème local solide et solidaire.

C’est quoi GameNaka ?
L’association donne de la visibilité aux développeurs de jeux vidéo malgaches. On organise aussi, à l’occasion, des ateliers de renforcement payants. Les membres de GameNaka sont surtout des développeurs, mais aussi des entrepreneurs et porteurs de projets issus de divers domaines. On les accompagne avec des conseils, des petites formations et des rencontres pour faire avancer leurs idées. On aide aussi à faire tester leurs jeux, grâce à notre communauté de testeurs à la Tanière du geek. Les créateurs reçoivent ainsi des retours précieux, venus de gamers et de pros du secteur.

Les jeux vidéo, c’est toute une industrie ?
La création d’un jeu commence par une idée et surtout par le game designer, l’architecte du projet. C’est lui qui imagine l’univers, rédige le document de base, puis crée un petit prototype. Ensuite vient le développement, qui concerne surtout l’histoire, les dessins, les mécaniques, la musique… tout est coordonné avec les différentes équipes.

Beaucoup pensent qu’il faut savoir coder pour créer un jeu, mais ce n’est pas le cas. C’est un domaine vaste, encore mal connu à Madagascar. Il faut surtout des idées originales. J’aime dire qu’il faut réapprendre à rêver comme un enfant, et laisser l’imagination faire le reste.

C’est un marché faste… ?
Pour l’instant, on ne gagne pas grand-chose. La commercialisation dépend du projet. Ca va de un à cinq ans pour les petits jeux, jusqu’à vingt ans pour les plus ambitieux. Mais le vrai souci, ce sont les droits d’auteur. Dès qu’on vend un jeu, il peut être craqué et revendu. Cette année, on n’a pas intégré la commercialisation dans Game Load, mais on a choisi de parler davantage du marché du jeu vidéo, encore méconnu. L’association reste autonome grâce aux événements et prestations, surtout à l’échelle locale.

Quid du marché international ?
Les produits internationaux sont d’un autre niveau. On peut essayer de rivaliser, mais le manque de budget et de soutien local reste un vrai frein. À l’étranger, comme en France, les streamers et le grand public soutiennent les jeux, les diffusent, en parlent. Ici, c’est moins automatique. Mais il y a une lueur. Le studio Red Raketa a décroché un contrat avec Newtales, un éditeur. Leurs jeux sortiront sur toutes les plateformes. C’est une première à Madagascar. Une porte s’est entrouverte, et ça peut donner de l’espoir à d’autres studios.

Quelles sont donc les activités en cours ?
Pour l’instant, on reste concentrés sur les ateliers, la mobilisation et la vulgarisation du métier. Lors des événements, on essaie d’intégrer tout le monde, notamment via des formations pratiques dans les lycées publics. J’appelle ça des ateliers coaching. Les jeunes ont leurs idées, nous, on les guide. L’objectif, c’est de bâtir une vraie communauté soudée, qui se soutient jusqu’à ce que les studios et créateurs puissent vivre du métier. Les métiers artistiques sont souvent négligés ici, mais les jeunes game designers ont un vrai potentiel.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : GameNaka
Contact : +261 34 27 285 34

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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