Fée Fée : Au ras du soul
1 septembre 2025 // Musique // 11678 vues // Nc : 188

Ne vous fiez pas au nom : Fée Fée n'a rien d'une princesse Disney. Cette soul woman malgache préfère les envolées vocales aux baguettes magiques. Cinq ans qu'elle enchante son public avec une recette qui marche : du malgache poétique et une voix qui peut passer de la douceur cristalline à la fougue d'une Tina Turner.

Dans ses clips comme en live, Fée Fée reste fidèle à elle-même. Ses mimiques, ses gestes un brin sexy, mais surtout cette voix qui enchante son public. Voilà cinq ans qu'elle a commencé sa carrière dans le registre soul, cette auteure-compositrice-interprète qui décrit sa musique comme « à la fois tendre et féroce ». Juste. Car ce timbre d'une douceur presque cristalline en studio cache quelque chose. Une puissance vocale qui ne se dévoile vraiment qu'en concert. Quand l'émotion la submerge, ses cris et envolées rappellent la fougue d'une Tina Turner, l'intensité brute d'une Janis Joplin. Les mélomanes qui l'ont vue se produire dans ses cabarets et showcases le savent : cette jeune nana a le potentiel pour rejoindre la lignée d'exception des grandes dames du genre. Aretha Franklin, Etta James, Amy Winehouse – du beau monde. Mais attention, elle a plus d'une corde à son arc. « Je suis un peu bipolaire. J'ai mis cette partie de moi dans ma musique. C'est pour cela qu'il peut y avoir du soul jazz, du RnB, de l'afrobeat ou même du Bà gasy dans mes compositions. J'aime tout ce qui fait rêver, tout ce qui fait voler », précise-t-elle.

Écrivant elle-même ses textes, Fée Fée raconte la vie. Celle avec beaucoup d'amour, forcément. Il faut savoir que chacun de ses titres entre dans une logique, une continuité. Les écouter les uns après les autres, c'est comprendre l'histoire d'amour qu'elle tente de raconter. « Comme dans un conte de fée », lance-t-elle avec ce grand sourire qui la caractérise. Le pseudonyme Fée Fée ? Selon elle, ça signifie « angano-angano », une histoire féérique. Son histoire avec la musique ressemble d'ailleurs à ça. C'est dans le studio de Dossy, un ami de longue date, que Fée Fée peaufine ses créations et sa technique vocale. En remontant le fil, le secret de la chanteuse vient d'une vie baignée de musique : "Un jour à la fois", sa toute première reprise, les chorales, les covers et surtout cette passion pour le Kalon'ny Fahiny.

Madagascar compte plusieurs grosses pointures en matière de soul. Nataly Andria avec sa pop electro-soul, Dénise pour le R&B… Pour se démarquer, Fée Fée a choisi d'écrire dans sa langue maternelle, avec ces grands traits poétiques, très littéraires. Rien d'étonnant quand on appartient à la même famille que la présidente du cercle des poètes et écrivains malgaches – Havatsa-Upem – une certaine Hajaina Andrianasolo. « Le malgache a toujours été important pour ma famille qui voulait que j'en fasse des études, mais moi, je l'ai porté dans ma musique », déclare l'artiste soul. Pour l'international, Fée Fée prévoit d'y aller avec cette même langue maternelle. Ce grand respect du malgache n'exclut pas quelques touches de slam en anglais ou français par-ci par-là. C'est sa poudre de fée.

Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 32 46 094 03
koriantsoa@over-theinfluence.com (Riantsoa Andrianasoloniaina, manager)

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Tout feu, tout jeune

Lire le magazine

Tout feu, tout jeune

Le 12 août, on célèbre la Journée mondiale de la jeunesse. À Madagascar, cette journée a de quoi occuper un stade entier — les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Autrement dit, les jeunes ne sont pas l'avenir de Madagascar. Ils sont déjà le présent, et ils ont l'air pressés. Dans l'entrepreneuriat, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, à créer, à risquer — souvent sans filet, souvent sans aide, mais toujours avec cette énergie un peu folle qui fait qu'on se demande s'ils dorment vraiment la nuit. En culture, les nouvelles sont encore meilleures. Aina Rasamoelina vient de décrocher le Prix RFI Instrumental Afrique. Miangaly Elia rafle le Prix Paritana 2026. Madagascar rayonne, et ce sont des mains jeunes qui tiennent la torche. Alors oui, on pourrait s'arrêter là, applaudir et rentrer chez soi satisfait. Mais ce serait passer à côté d'une chose essentielle. La fougue, ça brûle fort — et parfois, ça brûle vite. Une flamme sans direction peut éclairer autant qu'elle peut consumer. C'est là que les aînés entrent en scène — pas pour reprendre le gouvernail, mais pour montrer où sont les récifs. Les jeunes ont la force, les vieux ont l'expérience, comme on dit. Ce n'est pas un combat de générations — c'est une question d'équipage. Partagez vos réussites, mais aussi vos échecs. Surtout vos échecs, d'ailleurs — ils enseignent mieux que n'importe quel manuel. À Madagascar, la barque avance. Il faut juste s'assurer que tout le monde rame dans le même sens.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Sookany Trophy

Sookany Trophy, du 17 au 19 juillet à Antsiranana

no comment - Sookany Trophy

Voir