Expédition : Namoroka, au coeur des pluies
10 juin 2025 // Escales // 3213 vues // Nc : 185

Alors que la pluie tombe en abondance, l’agence Langaha Be by EWE a conduit une expédition naturaliste au sein du massif karstique du parc national des Tsingy de Namoroka. Une aventure logistique et humaine inédite initiée par l’association Tia Tany, lauréate 2024 de la bourse "exploration et biodiversité" de la Fondation Iris, en partenariat avec la Société des Explorateurs Français.

Une partie de l’équipe en haut des Tsingy du camp d’Ambovonoby
Traversée de la source de Mandevy

Pour la première fois, une expédition naturaliste composée de photographes, de cinéastes, d'agents et pisteurs forestiers s’est aventurée au sein du massif karstique du parc national des Tsingy de Namoroka en pleine saison des pluies, période pendant laquelle cette région est impraticable via les moyens de transport motorisés habituels. Cette mission marque un tournant dans l’histoire de la découverte d'un site exceptionnel encore largement méconnu. Dix ans après la dernière mission réalisée en saison sèche, qui avait donné lieu au film documentaire de 90' "La labyrinthe secret de Namoroka", des caméras sont revenues pour documenter la transformation du massif sous l’effet de la pluie : une redécouverte totale du paysage, méconnaissable sous la végétation en pleine explosion et la dynamique de la faune propre à cette période.

Lepilemur sp. femelle et son petit dans les Tsingy

Face à l’inaccessibilité du site en cette saison, l’équipe logistique encadrée par Malou Guerraz et Marc Gansuana a dû repenser totalement sa logistique. Les 4x4 ont laissé place à 16 charrettes à zébus, construites et aménagées pour l’occasion, en concertation avec les communautés locales et leur savoir-faire traditionnel. Pour atteindre les abords du massif, 135 km ont été parcourus par la mer, suivis de plus de 24 heures à bord de ces fameuses charrettes avant d’apercevoir les Tsingy. Les 200 km de progression autour du massif ont été rendus possibles grâce à la contribution indispensable de 32 zébus, 16 charretiers, 5 pisteurs et guides, et 2 cuisinières, tous issus du village enclavé de Vilanandro, ainsi qu’au soutien de Madagascar National Parks. Aux côtés de cette équipe locale, 6 membres de l’expédition ont assuré l’organisation, la logistique et la captation du voyage. Plus de quatre tonnes de matériel ont été mobilisées pour garantir un mois d’autonomie : équipements de bivouac, dispositifs audiovisuels, matériel scientifique, vivres. Chaque jour, les campements étaient installés selon les possibilités d’accès aux zones d’intérêt, dans des conditions souvent rendues difficiles par la boue, l’humidité et les obstacles naturels. Le rythme lent imposé par ce mode de déplacement a permis une immersion profonde dans le rythme du lieu et une observation fine de sa biodiversité.

Une biodiversité révélée
L’expédition a permis de documenter des zones habituellement inaccessibles à cette période de l'année et de révéler une biodiversité insoupçonnée : des centaines de papillons, une grande richesse de reptiles, amphibiens et arthropodes, des baobabs et des orchidées en pleine floraison, des lémuriens profitant d’une végétation luxuriante, des crocodiles habituellement retirés dans leurs grottes, sortis pour rejoindre les lacs temporaires et s’y nourrir avant que ceux-ci ne disparaissent à nouveau… Un foisonnement de vie.

Un projet éducatif et humain.
Tout en témoignant de l’incroyable biodiversité tant floristique que faunistique du site, l’association Tia Tany porté par Isabelle Coulon et Jean-Michel Corillion a souhaité mener des actions humanitaires et pédagogiques fortes, en visitant des établissements scolaires de brousse. Le premier fut l’école primaire de Vilanandro où des actions de sensibilisation à l’environnement ont été menées, des dons conséquents en matériel et manuels scolaires ont été faits. Les membres de l'expédition ont pu constater que les habitants du village jouent déjà un rôle actif dans la préservation du site de Namoroka, et de nombreux enfants aspirent à devenir guides à leur tour. En fin de mission, un second établissement à été visité, celui du campus de Besely situé à quarante kilomètres de Mahajanga. Naturalistes et cinéastes ont pu échanger avec les enfants et partager leurs découvertes. Cette transmission est au cœur des engagements portés par L’association Tia Tany et l’agence Langaha Be by EWE pour un avenir durable de la région.

Une suite scientifique
L’aventure ouvre également la voie à une nouvelle mission scientifique d’envergure internationale, attendue dès 2026, portée par les mêmes organisateurs. Ce sanctuaire de pierre, d’eau et de vie a encore beaucoup à révéler à celles et ceux qui prennent le temps de l’écouter.

Textes & Photos : Marc Gansuana / Malou Guerraz

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

Lire

24 décembre 2025

Exposition : Dendrophile, respirer l'art des arbres

À Madagascar, la troisième édition d'Antson'ny tontolo miaina transforme la matière végétale en poésie visuelle et sculpturale. De la Flow Gallery à I...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Décembre 2025 – NC 191

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition décembre 2025 - NC 191
Prise de vue : Ambatobe Résidence 
Collaborations : Kostami - Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir