Ester 414 : Minimalisme et élégance
8 février 2021 // Mode & Design // 5593 vues // Nc : 133

Intemporalité, poésie, minimalisme, les vêtements de la marque Ester 414 respirent la pureté que ce soit dans les coupes, les couleurs ou les matières. Les deux jeunes fondatrices, Sophie et Emilie qui est également la modéliste, veulent apporter une mode malgache plus fun, plus consciente et plus artistique.

Ayant baigné dans le monde du textile, Emilie a toujours rêvé d’avoir un jour sa propre marque de vêtements. « En rentrant à Madagascar, j’ai créé une première marque qui n’a jamais vu le jour. L’année d’après, avec ma cousine Sophie, nous avions eu cette vision commune de créer une marque fabriquée à Madagascar pour valoriser le savoirfaire local. »

Elles ont créé Ester 414 qui fait appel à la nostalgie, aux voyages et à une certaine forme de liberté. Leurs créations s’inscrivent dans un jeu de séduction mais surtout de confort et d’élégance. Les vêtements sont ancrés dans un style minimaliste, celui du « less is more » qui élimine toute forme de fioritures ou d’excentricité. Un rappel de la mode des années 90 où tout est épuré, de la forme à la couleur. « Nous nous inspirons de nos voyages, du cosmopolitisme, de la culture japonaise, de la mode scandinave, du chic londonien, du minimalisme, du dressing masculin, des histoires passionnées, des paysages malgaches, des années 90. A vrai dire, nous sommes inspirées par ce qui nous entoure, les gens que l’on croise » souligne Emilie. Une marque dont le nom est inspiré de l’histoire de la reine Esther dans la bible, une femme ordinaire qui accomplit un destin extraordinaire. Les pièces, du prêt-à-porter et des accessoires, sont donc créées pour des femmes qui écrivent leur propre histoire et qui peuvent en inspirer d’autres.

« Nous créons des vêtements pour femmes uni-saison, qui ne s’inscrit pas dans une saison en particulier. Cependant on peut dire que c’est de la misaison. Nos pièces phares sont les blouses et les vestes. Je dirai que nos pièces sont caractérielles et simples à la fois, des manches structurées, des drapés, des volumes enveloppant le corps. » Pour apporter cette touche caractérielle, Emilie travaille chaque collection comme un véritable bijou. Elle réalise ce qu’on appelle un « moodboard », un ensemble de textes, de visuels ou objets formant une sorte de collage comme un tableau d’inspiration. Elle détermine ensuite les couleurs, procède au moulage et aux recherches de volumes avant de passer aux croquis afin de décider des pièces qui composeront la collection. Elles aiment expérimenter des matières naturelles avec des jeux de textures comme le nacre ou le bois. « Madagascar est vraimentriche en matière naturelle et nous avons hâte de faire des tests pour créer des pièces à l’image de notre pays. Chaque collection que nous créons est un souvenir ou un moment marquant de notre vie que nous voulons partager à travers nos vêtements,notre lifestyle, nos photos.»

C’est le cas de leur première collection, Playground, qu’elles ont présentée en octobre 2019 à l’Is’art Galerie Ampasanimalo à travers sept silhouettes inspirées de la campagne. Les pièces sont un mélange de superpositions, delégers drapés, de poésie et une silhouette remplie de contradiction, entre des gros denims, et des hauts flottants. « Un défilé dansant, sur une musique hip-hop, célébrant la diversité ethnique à Madagascar, un pays où le racisme entre ethnies est encore très prononcé. Cheveux lisses, tresses, afro,un mélange interculturel qui rappelle que nous sommes tous liés par l’amour de notre pays. On aimerait également montrer au monde le savoir-faire dans la mode malgache, qu’elle est aussi créative et qualitative qu’ailleurs. »


Propos recueillis par Aina Zo raberanto

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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