Ester 414 : Minimalisme et élégance
8 février 2021 // Mode & Design // 7487 vues // Nc : 133

Intemporalité, poésie, minimalisme, les vêtements de la marque Ester 414 respirent la pureté que ce soit dans les coupes, les couleurs ou les matières. Les deux jeunes fondatrices, Sophie et Emilie qui est également la modéliste, veulent apporter une mode malgache plus fun, plus consciente et plus artistique.

Ayant baigné dans le monde du textile, Emilie a toujours rêvé d’avoir un jour sa propre marque de vêtements. « En rentrant à Madagascar, j’ai créé une première marque qui n’a jamais vu le jour. L’année d’après, avec ma cousine Sophie, nous avions eu cette vision commune de créer une marque fabriquée à Madagascar pour valoriser le savoirfaire local. »

Elles ont créé Ester 414 qui fait appel à la nostalgie, aux voyages et à une certaine forme de liberté. Leurs créations s’inscrivent dans un jeu de séduction mais surtout de confort et d’élégance. Les vêtements sont ancrés dans un style minimaliste, celui du « less is more » qui élimine toute forme de fioritures ou d’excentricité. Un rappel de la mode des années 90 où tout est épuré, de la forme à la couleur. « Nous nous inspirons de nos voyages, du cosmopolitisme, de la culture japonaise, de la mode scandinave, du chic londonien, du minimalisme, du dressing masculin, des histoires passionnées, des paysages malgaches, des années 90. A vrai dire, nous sommes inspirées par ce qui nous entoure, les gens que l’on croise » souligne Emilie. Une marque dont le nom est inspiré de l’histoire de la reine Esther dans la bible, une femme ordinaire qui accomplit un destin extraordinaire. Les pièces, du prêt-à-porter et des accessoires, sont donc créées pour des femmes qui écrivent leur propre histoire et qui peuvent en inspirer d’autres.

« Nous créons des vêtements pour femmes uni-saison, qui ne s’inscrit pas dans une saison en particulier. Cependant on peut dire que c’est de la misaison. Nos pièces phares sont les blouses et les vestes. Je dirai que nos pièces sont caractérielles et simples à la fois, des manches structurées, des drapés, des volumes enveloppant le corps. » Pour apporter cette touche caractérielle, Emilie travaille chaque collection comme un véritable bijou. Elle réalise ce qu’on appelle un « moodboard », un ensemble de textes, de visuels ou objets formant une sorte de collage comme un tableau d’inspiration. Elle détermine ensuite les couleurs, procède au moulage et aux recherches de volumes avant de passer aux croquis afin de décider des pièces qui composeront la collection. Elles aiment expérimenter des matières naturelles avec des jeux de textures comme le nacre ou le bois. « Madagascar est vraimentriche en matière naturelle et nous avons hâte de faire des tests pour créer des pièces à l’image de notre pays. Chaque collection que nous créons est un souvenir ou un moment marquant de notre vie que nous voulons partager à travers nos vêtements,notre lifestyle, nos photos.»

C’est le cas de leur première collection, Playground, qu’elles ont présentée en octobre 2019 à l’Is’art Galerie Ampasanimalo à travers sept silhouettes inspirées de la campagne. Les pièces sont un mélange de superpositions, delégers drapés, de poésie et une silhouette remplie de contradiction, entre des gros denims, et des hauts flottants. « Un défilé dansant, sur une musique hip-hop, célébrant la diversité ethnique à Madagascar, un pays où le racisme entre ethnies est encore très prononcé. Cheveux lisses, tresses, afro,un mélange interculturel qui rappelle que nous sommes tous liés par l’amour de notre pays. On aimerait également montrer au monde le savoir-faire dans la mode malgache, qu’elle est aussi créative et qualitative qu’ailleurs. »


Propos recueillis par Aina Zo raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - FIM 2026 : Madagascar en mouvement

Lire

8 mai 2026

FIM 2026 : Madagascar en mouvement

Le CCI Ivato a ouvert ses portes hier pour la 27e édition de la Foire internationale de Madagascar. Le thème choisi — « Madagascar en mouvement : les...

Edito
no comment - Travail, travail, travail… mais lequel ?

Lire le magazine

Travail, travail, travail… mais lequel ?

Le 1er mai, à Madagascar, certains se lèvent à l'aube pour aller… travailler. Pas par oubli du calendrier, mais par nécessité. Il y a quelque chose de presque philosophique là-dedans. Depuis des décennies, le monde entier célèbre ce jour comme une victoire arrachée de haute lutte — Chicago, 1886, le sang des ouvriers sur les pavés, la semaine de huit heures comme horizon promis. Belle histoire. Sauf qu'ici, à Antananarivo comme à Tamatave, la question n'est pas tant de combien d'heures on travaille, mais bien de combien de travaux on jongle simultanément. Prenez ce vieux Mamy. Fonctionnaire le matin, revendeur de crédit téléphonique l'après-midi, et le week-end — discret, mais régulier — petit élevage de poulets en banlieue. Trois activités, un seul homme, zéro fiche de paie qui suffise. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de la survie érigée en système. On appelle ça « avoir plusieurs cordes à son arc », expression polie pour désigner une réalité que beaucoup connaissent sans jamais nommer.Car le vrai travail malgache, celui qui fait tourner les familles, se passe rarement sous les projecteurs des statistiques officielles. Il est informel, inventif, insaisissable. Un peu comme ce personnage de Sisyphe — mais version optimiste : Sisyphe qui, en remontant son rocher, aurait trouvé le moyen de vendre des cacahuètes sur le chemin. Alors pour ce 1er mai, fêtons le travail — tous les travaux. Celui qu'on déclare et celui qu'on tait. Celui du contrat et celui du débrouillard. Avec une pensée particulière pour tous ceux qui, aujourd'hui encore, n'auront pas le luxe de s'arrêter pour célébrer. La fête du Travail leur appartient aussi. Peut-être même surtout.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - Ferme de la Jungle - Avril 2026 - NC 195

Découvrez la Ferme de la Jungle, dans le no comment ® NC 195 – avril 2026
Nichée à Ambohimanarina, en plein cœur d’Antananarivo, la Ferme de la Jungle de Rajaonarivony Christian offre une escapade nature surprenante : eau, verdure et animaux rares sur près de 5 hectares. Pêche, pique-nique, visites guidées… le site peut accueillir jusqu’à 300 personnes.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir