Chouppiii : Un souffle d’humanité
7 août 2025 // Photographie // 3332 vues // Nc : 187

Chouppiii, Andoniaina Randrianomanana à l’état civil, fait la couverture de ce numéro de nocomment. L’artiste se définit comme photographe humanitaire. Dans ses clichés, elle cherche à montrer – au-delà des émotions – ce qu’elle appelle le “côté humain”.

Elle a récemment dévoilé, sur ses plateformes sociales, une série de photos intitulée Zaza Very (enfants perdus). Pendant plusieurs jours, la jeune femme a arpenté la capitale, suivant des enfants qui vadrouillent, observant leurs errances, leurs silences, leurs éclats de rire fugaces. « Ce projet est une exploration introspective et parfois un peu mélancolique de la solitude, de l’errance, des rêves muets. Pas de misérabilisme, mais la beauté des âmes en quête, de ces fragilités où la lumière sculpte des émotions suspendues », explique-t-elle. Chaque cliché devient une fenêtre sur des instants où la poésie de la rue côtoie une vérité parfois brute.

Mais Zaza Very n’est pas un cas isolé. Avec Zaza Gasy (enfants malgaches), Chouppiii a déjà exploré l’univers des enfants, magnifiant leur pureté et leur joie de vivre. Entre ombres et éclats, elle raconte la résilience de ces jeunes âmes, souvent dans des décors modestes où perce une lumière intérieure irrésistible. « Je suis constamment à la recherche d’histoires à raconter. Ma tête fourmille d’idées », souffle-t-elle.

Ce que la photographe recherche, c’est l’authenticité. « Plutôt que de documenter froidement, je veux interpréter le monde, inviter ceux qui regardent mes photos à voir au-delà de l’évidence », détaille la jeune artist. D’où ces clichés pleins de contrastes – lumière douce, ombres denses. « Photographier, c’est capturer l’essence de l’instant. Rien de moins », dit-elle, philosophe.

D’où vient l’étincelle ? « L’inspiration, c’est un éclair, une intuition. Une lumière qui frappe, une ombre qui danse, un éclat de rire. Ces moments ne se reproduisent jamais. Il faut les voler au temps », dit-elle. Derrière l’instinct, il y a aussi un travail acharné : savoir composer, attendre la bonne lumière, comprendre le rythme d’un sujet.

Pour Chouppiii, une photo réussie n’est pas forcément parfaite techniquement. « Elle doit provoquer quelque chose, éveiller une émotion, une question. La beauté se cache parfois dans le chaos d’une scène, dans un flou ou un contre-jour imprévu. Ce qui compte, c’est l’âme, l’histoire, cette vibration qui reste quand l’image disparaît de l’écran », déclare-t-elle, comme dans un cours magistral. Entre deux séries sur les enfants, elle rêve déjà d’explorer de nouveaux terrains : contrastes urbains, portraits intimes, atmosphères où la lumière devient personnage principal.

Solofo Ranaivo

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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