Asombola : Le mois où l'on fait fructifier
20 septembre 2026 // Soatoavina // 48 vues // Nc : 200

Dans la tradition malgache, chaque chose a son moment propice — et lancer une affaire sans tenir compte du calendrier, c'est un peu comme planter du riz en pleine saison sèche. Asombola, sixième mois du calendrier traditionnel malgache, signifie littéralement « propice pour l'argent ». C'est le moment de se lancer, de relancer, de signer — et de faire fructifier.

Du 13 août au 10 septembre, Asombola s'installe à la charnière de l'année, au moment précis où s'ouvre sa seconde moitié. Ouvrir une boutique, lancer une activité, relancer un commerce qui peine à trouver son élan, signer un contrat ou explorer de nouveaux marchés — autant d'initiatives que la tradition associe favorablement à cette période. Il ne s'agit pas forcément de partir de zéro. Faire fructifier ce qui existe déjà, développer une nouvelle branche ou chercher des opportunités ailleurs entre pleinement dans l'esprit du mois. La prospérité, dans cette conception, n'est pas quelque chose que l'on attend — elle se construit activement, par le travail et le mouvement. Asombola est d'ailleurs aussi associé au voyage et à la mobilité — partir chercher des ressources au loin, entreprendre ailleurs, sortir de l'immobilité.

Ce dynamisme a cependant ses nuances. Asombola porte un caractère de feu — et comme tout feu, il peut réchauffer ou brûler selon qu'on sait le maîtriser. La période favorable au commerce peut vite devenir une période à risque si l'enthousiasme se transforme en excès. Multiplier les engagements, dépenser au-delà de ses moyens, investir dans ce qui n'est pas encore mûr — autant de pièges que la sagesse traditionnelle invite à éviter. La recommandation qui en découle est d'une logique implacable — investir selon ses moyens, développer ce qui peut réellement être rentable, et résister à la tentation d'accumuler pour accumuler. Faire fructifier, ce n'est pas entasser. C'est créer les conditions pour que ce qu'on possède grandisse.

Au fond, Asombola rappelle une vérité que les entrepreneurs modernes connaissent bien, même sans avoir consulté le calendrier traditionnel — le bon moment compte autant que la bonne idée. Et si la tradition malgache a choisi cette période pour y associer la prospérité, c'est peut-être parce qu'elle y perçoit quelque chose que les chiffres seuls ne capturent pas bien — cet élan particulier qui pousse à agir, à oser, à construire. La prospérité vaut ce qu'elle coûte en discernement. Et Asombola, à sa manière, le rappelle chaque année.

Radamaranja

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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