Chaque samedi à 9h30 sur la RTA, avec une rediffusion à 20h, Sabotsy Mifankahita — SBMK — ouvre une boîte à souvenirs. L'émission tend le micro à ceux qui ont écrit des pages de la culture malgache. Aux commandes, Arliva, bien connu du grand public pour ses talents de comédien radiophonique, ne cherche pas simplement à recevoir des invités — il dépoussière des histoires et rallume des souvenirs.

SBMK, c'est d'abord un rendez-vous avec le public — hebdomadaire, fidèle, ancré. Le format est simple mais efficace : un plateau, un invité, une conversation qui fouille dans la mémoire culturelle malgache. Musiciens, peintres, danseurs, acteurs du savoir-faire local — tous ceux qui ont contribué à écrire l'histoire artistique de l'île y trouvent leur place, dans une séquence baptisée Tafaradia. « Quand les gens me disent "ça, c'était notre époque", je sais que l'émission a trouvé sa place. Les artistes que nous recevons ont encore quelque chose à transmettre », confie Arliva. À l'écran, il partage l'animation avec Beby, et derrière eux, une équipe d'environ sept personnes — techniciens et collaborateurs — fait tourner la machine chaque semaine.
À l'origine, SBMK n'était pas une émission de télévision mais un rendez-vous radiophonique. Puis arrive 2020 et son lot de portes fermées. Pour garder le contact avec un public confiné, l'équipe tente un nouveau pari — passer du son à l'image. Le premier direct sur Facebook devait être un simple test.
Il devient le début d'une nouvelle aventure. L'émission débarque ensuite sur la RTA et trouve rapidement son public. Avec le temps, la formule s'est affinée. Les formats pouvant aller jusqu'à deux heures trente ont laissé place à une émission d'environ une heure, entrant directement dans le vif du sujet. « Les habitudes ont changé. Les gens peuvent décrocher très vite. Si le début n'accroche pas, ils passent à autre chose », explique Arliva.
Les grands directs Facebook ont cédé la place à des extraits courts, taillés pour les nouveaux usages numériques. Deux ou trois minutes bien choisies peuvent créer plus d'impact qu'une longue émission — le récent passage de Noely Kely en est la preuve. L'artiste, moins présent dans les médias depuis plusieurs années en raison de problèmes de vue, a provoqué une véritable vague d'émotion. Les commentaires se sont multipliés, rappelant qu'une voix peut rester gravée dans les mémoires même loin des projecteurs. Pour Arliva, la prochaine étape est déjà écrite — sortir du studio, entrer dans les coulisses, montrer les artistes avant leur entrée en scène, leurs silences et leurs petits rituels. Parce qu'avant les applaudissements, il y a toujours une histoire qui attend d'être racontée.
Lucas Rahajaniaina
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Photos : Andry Randrianarisoa