Alefa Dago : Remporte le prix du public des RFC XV
3 janvier 2021 // Cinéma // 8571 vues // Nc : 132

Alefa Dago, le documentaire du trio, Brandalac, Bourgogne et Raharijim, a remporté haut la main le
Prix du Public de la 15ª édition des Rencontres du Film Court. Critique.

Réalisé en 2019, le court métrage, Alefa Dago, raconte en un peu plus de 22 minutes le vécu des supporters malgaches tout au long du parcours de l'équipe nationale malgache, les Barea, du début de la compétition jusqu'à la fin de leur parcours avant le quart de finale contre la Tunisie. Jamais le pays n'avait atteint ce stade dans une compétition de haut niveau.

Le documentaire s'ouvre sur un paysage rural typique des hauts-plateaux. Les belles images se succèdent pour finalement arriver à Fianarantsoa. On nous présente un très modeste père de famille qui évoque sa passion pour les Barea et le football. Celui-ci se rend ensuite à un culte catholique afin de prier pour Nicolas Dupuis et ses joueurs. Ses premières minutes semblent anodines, mais elles ont beaucoup de sens. Le film fait en réalité la présentation de la société malgache où le christianisme occupe encore une place déterminante. Le public obtient là un aperçu de ce qui composera le reste du documentaire.

Alefa Dago est une vitrine de la société malgache. Probablement la touche Brandalac. Le cinéaste est intéressé par les questions sociétales. Le film compte en effet des intervenants issus de divers horizons. Toutes les classes sociales y sont représentées, des moins nantis aux plus favorisés. Tous se satisfont du parcours des Barea, mais parlent davantage des bienfaits de cela sur le peuple. Le court métrage fait en effet découvrir des Malgaches passionnés de leur pays, animés par un optimisme retrouvé. Le documentaire n'élude pas les problèmes du pays - la pauvreté entre autres. Une phrase suffit à rappeler cela. Une remarque sur la cherté des goodies officiels. Insister sur ce point aurait pu diminuer la vague d'espoir évoquée dans l'œuvre. Une des images marquantes du court métrage, ce plan serré sur le visage du président de la République. Dans l'avion pour l'Égypte, on contemple un dirigeant avec un regard plein d'émotions et de fierté. Cela aura fait sentir de l'empathie pour un homme politique souvent décrié. Les résultats sont issus du vote du public en salle lors de la projection des films en compétition nationale, du vote du public à l'issue des projections dans 5 alliances françaises (AF Antsirabe, AF Mahajanga, AF Ambositra, AF Sambava et AF Tamatave) et du vote par sms. La proclamation des résultats a eu lieu le samedi 12 décembre à la Teinturerie Ampasanimalo.

Synopsis :
2019 a été une année parti- culière pour Madagascar. Son équipe nationale participait pour la première fois de son histoire à la Coupe d'Afrique des nations de football. On s'attendait à ce que celle-ci fasse seule- ment de la figuration. Les Barea créent toutefois la surprise et la sensation tout au long de leur par- cours. Un parcours improbable qui met tout un pays en efferves- cence. Vive émotion, une nation unie derrière son équipe natio- nale, fierté malgache ravivée, une vision plus optimiste du futur.


Magloire Besamba

Prix du public - RFC XV :
1ère place : Alefa Dago de Arthur Bourgogne, Antoine Brandalac et Jo Raharijim
2ª place : Varecia Rubra de José Rakotobe
3º place : Sauver Agnalambahy de Herménégilde Razafitsihadinoina
4ª place : ConfidentiElles de Koloina Andriamanantsoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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