African Series Of Poker : Du bluff au bracelet
4 octobre 2025 // Grande Interview // 4344 vues // Nc : 189

Les African Series Of Poker, ASOP, sont devenus l’un des rendez-vous majeurs du poker dans l’océan Indien. Après deux éditions réussies, le tournoi revient à Antananarivo du 30 novembre au 7 décembre. Sylvain Liotard, propriétaire de la marque, nous en livre les détails.

C’est quoi les African Series of Poker ?
Les ASOP sont une série de tournois de poker organisée dans l’océan Indien, à la fois à Maurice et à Madagascar. Ce n’est pas simplement un tournoi éphémère mais un circuit, qui accueille des joueurs amateurs et confirmés. Pour ce qui est de Madagascar, après les éditions de février dernier et de l’an passé, nous tiendrons la troisième édition fin novembre prochain. La particularité cette fois, c’est que le tournoi accueillera le tout premier Championnat de Madagascar de poker. Les ASOP accueillent plusieurs niveaux de compétition, différents buy-in (droit d’entrée pour s’asseoir à la table et jouer), plusieurs tournois au cours de l’événement, avec des prix abordables. Le vainqueur principal gagnera le titre de champion de Madagascar, un bracelet de champion, et surtout la reconnaissance de la communauté poker locale.

Pourquoi Madagascar comme lieu régulier des ASOP ?
Madagascar offre une combinaison rare : une importante communauté de joueurs, des infrastructures adéquates et un public intéressé. Le Casino du Grand Cercle de Tananarive, situé au 1er étage de l’hôtel Carlton, dispose de salles spacieuses pour accueillir jusqu’à 100 joueurs ou plus, ce qui facilite l’organisation de tournois majeurs. On a aussi constaté que beaucoup de joueurs locaux recherchent ce type d’événement : pouvoir jouer près de chez soi, sans devoir prendre l’avion. Par ailleurs, le partenariat avec des hôtels et casinos locaux permet de proposer des buy-in raisonnables, adaptés au marché local, ce qui est essentiel. Et enfin, l’idée est de faire venir des joueurs de Maurice, d’Afrique du Sud, de La Réunion, des Seychelles, ce qui renforce le rayonnement régional du tournoi.

Quel est le profil des joueurs qui participent aux ASOP ?
Le profil est très varié. On trouve des jeunes d’environ 20 ans, passionnés, avides d’apprendre, souvent amateurs ; mais aussi des retraités, des chefs d’entreprise ou des personnes disposant de plus de temps, jusqu’à parfois 70, 75 ans. Très peu sont des professionnels à temps plein, mais certains gagnent plus régulièrement que d’autres. L’amateur qui joue avec constance, stratégie et chance peut battre un joueur plus expérimenté, même un champion ; c’est ce qui rend le tournoi si attractif. Il y a aussi des joueurs venant des autres îles, mais la majorité des participants sont malgaches. Le mélange des âges, des styles et des niveaux rend l’ASOP très vivant.

Quels sont les enjeux financiers et sportifs de cette édition ?
Financièrement, les enjeux sont réels pour les joueurs gagnants : le prix du vainqueur peut atteindre des montants importants, surtout sur les tournois à buy-in élevé. Par exemple, dans cette édition, le prix pour accéder aux tournois peut varier entre 400 000 et 2 millions d’ariary pour s’asseoir à la table. Contrairement aux jeux d’argent classiques, les ASOP renforcent l’aspect compétitif : ce n’est pas seulement qui gagne le plus d’argent, mais qui est le meilleur stratège, qui résiste le plus longtemps. Il y aura aussi plusieurs bracelets de champions à attribuer, ce qui donne du prestige. Un classement global annuel permet de qualifier le meilleur joueur pour des tournois plus importants, potentiellement internationaux.

En quoi le poker se distingue-t-il des autres jeux de casino dans ce contexte ?
Contrairement aux jeux de hasard pur, le poker mêle calcul, psychologie, stratégie et chance. Ici, l’organisation des tournois ASOP mise sur ce principe : ce n’est pas celui qui a le plus de moyens financiers qui sera forcément champion, mais celui qui lit bien le jeu, sait bluffer, gérer le stress, profiter des opportunités. Un amateur, même sans grande expérience, peut faire des percées s’il a de la chance et du courage. C’est aussi pour cela qu’il y a plusieurs niveaux de buy-in, avec des tournois accessibles à ceux qui n’ont pas les ressources des gros joueurs. Et la structure en tournoi (éliminations, jetons, rounds) offre une progression et une vraie stratégie, contrairement aux jeux automatiques de casino.

Quels impacts pour Madagascar, notamment en matière de tourisme, d’image et d’économie ?
L’ASOP souhaite devenir un moteur pour le tourisme : les joueurs extérieurs, ceux venant de Maurice, de La Réunion ou d’ailleurs, logent, mangent, profitent des hôtels et des restaurants. Cela met Madagascar sur la carte des destinations poker, ce qui peut améliorer l’image du pays, le crédibiliser comme lieu d’accueil pour des événements internationaux. Au niveau local, cela génère des revenus pour les casinos, les hôtels, les services annexes. Pour beaucoup de Malgaches, c’est aussi une fierté : voir un tournoi de cette ampleur se tenir chez soi, avec des prix adaptés, et la reconnaissance d’un championnat national, confère une légitimité au poker comme discipline de stratégie, pas seulement de jeu.

Quelles perspectives pour les ASOP dans les prochaines années ?
À l’avenir, l’idée est d’augmenter le nombre d’éditions par an, peut-être deux ou plus, aussi bien à Madagascar qu’à Maurice ou dans d’autres îles de l’océan Indien. On envisage d’élargir la participation étrangère, y compris depuis l’Afrique du Sud, les Seychelles ou l’Europe, pour donner encore plus d’ampleur. Il pourrait y avoir des tournois satellites, pour permettre à ceux qui ne peuvent pas payer un buy-in élevé de se qualifier à moindre coût. On parle aussi de stratégies de promotion de la destination : faire connaître Antananarivo, ses casinos, ses infrastructures. Enfin, nous sommes ouverts à des partenariats avec des sponsors, des médias et à organiser des versions caritatives, ou des tournois destinés à soutenir des projets sociaux : le poker pourrait ainsi devenir plus qu’un jeu, mais un vecteur culturel et économique.

Propos recueillis par Solofo Ranaivo

whatsapp : +33 644 654 978
www.pokafrica.com / africanseriesofpoker@gmail.com

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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