Kiady Ratovoson : Madagascar débarque à Londres
1 septembre 2025

Première mondiale pour un créateur malgache : Kiady Ratovoson débarque à Londres avec sa collection Mycelia. Une sélection qui consacre l'émergence d'un design malgache sur la scène internationale. Prochaine étape : convaincre Shoreditch et Kensington.

Une première qui fait date pour Madagascar. Le jeune designer Kiady Ratovoson sera le tout premier créateur malgache à présenter ses œuvres au London Design Festival, ce rendez-vous planétaire qui, chaque mois de septembre, transforme la capitale britannique en véritable laboratoire à ciel ouvert du design contemporain. Du 13 au 21 septembre 2025, sa collection Mycelia viendra se faufiler parmi des centaines d’installations, d’expositions et de présentations investissant musées, galeries et espaces publics londoniens. Pas mal, pour un garçon qui a fait ses premiers pas bien loin de Shoreditch et de Kensington.

Créé en 2003 par Sir John Sorrell et Ben Evans, le festival a bâti sa réputation sur son audace et son éclectisme. Cette 23ᵉ édition réunira aussi bien des signatures établies que des studios émergents, des grandes marques que des institutions culturelles venues de tous les continents.

Particularité du festival : son initiative LaunchPad, conçue pour donner une rampe de lancement à celles et ceux qui, souvent, peinent à franchir les barrières financières ou institutionnelles. Une philosophie d’ouverture qui explique sans doute la présence de Kiady cette année.

Pour ce dernier, deux pièces de sa collection Mycelia seront présentées du 16 au 18 septembre, fruit d'un parcours qui mêle formation internationale et ancrage local. Pour ce qui est de ses débuts, rien ne laissaient pourtant présager d’aussi fulgurant. Diplômé en design environnemental à l’Université de Donghua (Shanghai), puis en design d’intérieur au Politecnico di Milano, il aurait pu s’installer confortablement dans l’une de ces capitales mondiales du design. Il a choisi, au contraire, de rentrer à Antananarivo. Là, il a fondé KR. Atelier, une marque d’art mobilier qui explore les frontières entre architecture, artisanat et design, et KR. Studio, un bureau de création spécialisé dans les projets sur mesure.

Depuis 2024, son parcours s’écrit comme une montée en puissance. On l’a vu participer à l’exposition « Antson’ny tontolo miaina », consacrée à l’art et à l’environnement. En mars 2025, cap sur Londres déjà, mais à la Flow Gallery, avec Objects with Soul. En avril, c’est la Milan Design Week qui l’accueille. Et en juin, étape charnière : avec la curatrice Ihoby Rabarijohn, il cofonde la première foire de design à Madagascar, Malagasy Design Gaze, autour du thème « Design Vivant ». C’est dans ce cadre qu’il dévoile Mycelia, une installation modulaire en bois varongy recyclé et fibres de sisal, inspirée des réseaux naturels de racines et de mycélium. Adaptable, mouvante, presque organique : une œuvre qui a immédiatement accroché l’œil des sélectionneurs londoniens. Une reconnaissance qui va au-delà de son seul nom. À travers lui, c’est un design malgache en gestation qui prend place sur la carte mondiale. Un design qui n’a pas peur de dialoguer avec les grands, sans perdre de vue ses racines ni ses matériaux.

Mpihary Razafindrabezandrina

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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