Willynay : Sérieusement drôle
4 octobre 2026 // Influenceur du mois // 49 vues // Nc : 201

Derrière les vidéos de Willynay et ses 600 000 abonnés sur Facebook se cache un créateur plutôt carré, adepte des scénarios écrits au propre. Son terrain de jeu, c'est le quotidien malgache — transformé en contenu avec juste ce qu'il faut d'absurde. Et tout a commencé avec un téléphone, une idée et un peu de confinement.

« Derrière la caméra, je ne suis vraiment pas drôle et je ne sais pas faire rire », lâche Willynay. Ironique, forcément. Celui qui génère des milliers de réactions ne laisse rien au hasard — chaque vidéo commence par un synopsis, puis viennent les personnages, les décors, et seulement après le tournage.

Pas question de laisser l'inspiration conduire sans permis. Son histoire commence bien avant les algorithmes. En 2014, encore lycéen, il passe ses vacances à Tuléar chez son frère journaliste. Studio, montage, émissions — le virus est attrapé. Il expérimente, filme, grave ses premières vidéos sur CD. En 2019, pendant le confinement, il lance sa page Facebook avec une idée cinématographique — des courts-métrages à suspense. Presque personne ne regarde. « J'ai compris que les gens allaient sur Facebook pour se changer les idées et regarder des choses qui faisaient rire. » Changement de cap radical.

Il puise alors dans le quotidien — la vie étudiante, les scènes de rue, les situations absurdes — et y ajoute sa recette personnelle. Deux formats deviennent progressivement sa signature : les courts-métrages scénarisés et les podcasts, notamment autour de la vie universitaire. Une vidéo mettant en scène des voleurs atteint près de 200 000 réactions et 5 000 partages.

« On imagine la scène, on ajoute de l'absurdité et un peu d'actualité », explique-t-il avec ce sérieux qui lui est propre. Deux heures de tournage, un montage rapide — et parfois, le soir même, le public est déjà au rendez-vous. Il tourne à Fianarantsoa avec une petite équipe et un simple téléphone Sony, son outil de départ. Facebook reste son canal principal, YouTube complète le dispositif, TikTok ouvre un terrain plus récent.

Entre deux vidéos, Willynay est aussi fonctionnaire — ce qui explique un rythme de publication d'environ une vidéo par mois. La création de contenu reste une activité parallèle, mais rentable grâce aux placements de produits. Aujourd'hui installé à Antananarivo, il veut franchir un cap — studio, équipe de production et plus de régularité dans la publication. Sa recette, elle, ne bougera pas. « Je partage des choses que j'ai réellement vécues et j'y ajoute ma touche humoristique. » Finalement, Willynay a peut-être trouvé le meilleur scénario possible — raconter sa propre vie, sans jamais oublier d'en rire.

Lucas Rahajaniaina

Page : Willynay
Photos : Andry Randrianarisoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - FOS'ART FESTIVAL : Un trio majeur sur la grande scène

Lire

3 octobre 2026

FOS'ART FESTIVAL : Un trio majeur sur la grande scène

Shyn, Denise et Bolo en tête d'affiche. Pour sa toute première édition, le 10 octobre 2026, le FOS'ART FESTIVAL réunit un trio d'exception au Golf Gal...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - Ravo Raboanarison - Août 2026 - NC 199

Découvrez Ravo Raboanarison, violoniste, dans le no comment® NC 200 – septembre 2026
La scène du classique et du jazz connaît Ravo Raboanarison — notamment pour avoir tenu le premier violon au sein du Quatuor & Squad. Mais depuis quelques temps, cet archet-là ne se laisse plus enfermer dans un seul registre. Vingt-trois ans de pratique, et une conviction qui s'est imposée progressivement : le violon peut aller bien au-delà du classique.

Focus

Salon de l'auto 2026

Salon de l'auto 2026 au CCI Ivato

no comment - Salon de l'auto 2026

Voir