Try the trail !
14 septembre 2021 - Loisirs commentaires   //   106 Views   //   N°: 140

Je n’ai jamais pensé à faire du trail. Courir des kilomètres, je trouve cela ennuyant et fatiguant. Mais ces derniers temps, le besoin d’exercices physiques et d’air frais se faisaient ressentir, surtout avec la situation actuelle.

Pourquoi ne pas tester ce sport qui attire de plus en plus de personnes, et de tout âge. Un dimanche, je me retrouve donc à 7 h 30 du matin, en pleine campagne d’Ambatobe. Thierry Ramamonjisoa, véritable passionné de sport m’attend déjà avec impatience car j’ai quelques minutes de retard. Le temps de faire les présentations, il faut rejoindre les autres coureurs qui vont parcourir 40 km. Ils s’entraînent comme tous les week-end pour l’Ultra Trail des Ô Plateaux (Utop) qui se déroulera du 24 au 26 septembre prochain. C’est un des événements majeurs du trail à Madagascar avec six épreuves de 10 à 126 km. L’édition de 2020 a été reportée cette année due à la crise sanitaire. « Des compétitions sont organisées dans divers coins de l’Île chaque année allant du Nord, le Nosy-Be Trail , au Sud avec le Raid de l’Isalo qui a eu lieu dernièrement en juillet. »

Thierry me rassure, je ne vais pas courir. En tant que débutante, je vais tout simplement marcher…sur 15 km. « Si tu y arrives, c’est déjà un bon début ! », me lance-t-il. « Nous allons faire le parcours sens inverse de façon à rejoindre les coureurs. » Tout en marchant, il m’explique que le plus important en trail c’est d’avoir les bonnes chaussures. « Le reste des équipements vient après quand on veut performer, sac à eau, bas de contention… »

Ce sport combine la marche, la course, le trek et se pratique en pleine nature sur une longue distance sur des chemins de terres ou des sentiers. Depuis quelques années à Madagascar, le trail remporte un grand succès. « Cet engouement pour le trail a brusquement augmenté après qu’un féru ou plutôt un fou furieux de cette pratique sportive, Patrick Elian Ramilison a créé le groupe We love trail . »

patrick et son frère Christian figurent parmi les finalistes du grand Raid de La Réunion appelé aussi La Diagonale des Fous. « C’est une épreuve de 166 km à pied avec 9 611 mètres de dénivelés, une des épreuves les plus dures du monde. » Thierry précise que le groupe We Love Trail court pratiquement tous les week-ends soit le samedi soit le dimanche, parfois les deux, et regroupe tous les pratiquants dont le groupe UTM (Unions des trailers de Madagasikara), le groupe Mada-pink Runners, à l’origine composé de femmes. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à pratiquer ce sport. D’ailleurs, sur le chemin, nous en avons rencontré une qui nous a confié qu’étant asthmatique, le trail l’a aidé à guérir. Elle ne prend pratiquement plus de médicaments mais s’entraîne régulièrement. Il n’est plus à rappeler que pratiquer un sport est important pour le corps et le mental.

« Parmi les traileurs, il y a des asthmatiques, des diabétiques, des personnes qui ont un problème d’équilibre ou de vertige, des gens en surpoids qui en font leur thérapie et ça marche ! Le trail avec ses parcours très divers, ses chemins accidentés, ses pentes raides et ses montées interminables, demande un effort de volonté qui amène à un surpassement de soi. Il augmente le sentiment de maîtrise et également l’estime de soi. » Après six kilomètres de marche non-stop, je me félicite de ne pas être tombée dans les pommes et d’avoir réussi à gérer mon souffle. Nous sommes passés par différents chemins, entre les routes en pavé, que j’ai détesté, les petits chemins de terre, les pentes… Mais je pense que ce qui m’a le plus aidé, c’est aussi la beauté du paysage même si les dégâts des feux de brousse sont palpables. Il est vrai que le trail, au-delà du sport, permet de se reconnecter avec la nature et pour ma part, de connaître un peu plus mon pays. La découverte des villages, des habitants, qui, eux, ont l’habitude de rencontrer des trailers.

D’ailleurs, certains nous ont encouragés car ils savaient que l’Utop sera pour bientôt. Après 10 km, nous arrivons au niveau de la commune de Fiaferana, pour une petite pause bien méritée. Il faut maintenant refaire le chemin inverse pour rentrer. Ce retour a été assez difficile pour moi car je ressentais la fatigue sur tout le bas de mon corps : mes pieds refusaient de bouger. Mais, comme on dit, il ne faut jamais abandonner, je me suis motivée. Même si l’envie de faire du stop avec les rares voitures qui passaient me démangeait. Au final, j’ai parcouru 23,5 km, et franchement, pour une débutante, c’est un exploit ! Je pense que je vais renouer avec le sport, faire quelques kilomètres de temps en temps ne me fera pas de mal. « Il paraît qu’il y a un virus du trail et qu’une fois qu’on l’a contracté, impossible de s’en défaire », explique Thierry. Quitte à attraper un virus, autant que ce soit un virus qui soigne !

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