Ravo Raboanarison : Pas si classique
13 septembre 2026 // Musique // 89 vues // Nc : 200

La scène du classique et du jazz connaît Ravo Raboanarison — notamment pour avoir tenu le premier violon au sein du Quatuor & Squad. Mais depuis quelque temps, cet archet-là ne se laisse plus enfermer dans un seul registre. Vingt-trois ans de pratique, et une conviction qui s'est imposée progressivement : le violon peut aller bien au-delà du classique.

Tout commence pourtant dans les codes exigeants de la musique savante. « C'était ma formation, mon univers », évoque-t-il. Puis viennent les rencontres — Black Nadia, Njakatiana, Ambondrona et d'autres encore. Des univers qui élargissent le champ des possibles et remettent en question une certitude confortable. « J'ai découvert qu'il existait tout un monde en dehors du classique. C'est là que j'ai compris que le violon pouvait raconter beaucoup plus de choses qu'on ne l'imaginait », dit-il. Avec Quatuor & Squad, il contribue à faire sortir les cordes des salles feutrées pour les installer au cœur de la scène musicale malgache — un décloisonnement qui reste l'une de ses fiertés. « Notre objectif était de rapprocher ces instruments du public. Aujourd'hui, voir autant de jeunes les apprendre est une immense satisfaction »,

Bach, Vivaldi, Mozart — Ravo les cite naturellement, non comme des modèles à reproduire mais comme des repères, des architectes du son dont on peut étudier les plans sans en recopier les façades. « Apprendre ne signifie pas copier. Je veux comprendre leur manière d'écrire pour raconter notre propre identité. »

Pour lui, Madagascar commence seulement à explorer un patrimoine orchestral que l'Europe construit depuis des siècles. Lors de ses tournées à l'étranger, il revisite les œuvres malgaches dans une écriture orchestrale familière aux oreilles occidentales — non pour les dénaturer, mais pour leur donner un passeport. « L'idée n'est pas de changer notre musique, mais de créer un langage qui lui permette de voyager. »

Cette vision se concrétise dès octobre avec La Nostalgie — un concert où les grands succès des décennies 1960 à 1990 seront réinventés pour un orchestre de cordes, de cuivres et des voix. « Je veux que le public vienne écouter le son des cordes, pas celui d'un clavier qui les remplace. » L'année prochaine, un Rock symphonique réunira plus de soixante musiciens — bois, cuivres, cordes et percussions dans une véritable architecture sonore. « Trop souvent, l'orchestre reste un décor. Moi, je veux qu'il devienne un acteur à part entière. » Au fond, pour Ravo, la technique n'est qu'un outil. « Un bon violoniste n'est pas celui qui joue les morceaux les plus difficiles. C'est celui qui réussit à communiquer ses sentiments. » Entre un concerto de Vivaldi et une mélodie populaire malgache, il n'y a parfois qu'un simple coup d'archet.

Lucas Rahajaniaina

Facebook : Ravo Raboanarison
Photos : Andriaparany Ranaivozanany

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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