AOTRA : Parti de zéro
13 juin 2026 // Media & Add-0n // 2261 vues // Nc : 197

En avril 2025, une nouvelle voix apparaissait dans le paysage numérique malgache avec une ambition simple : partager pour inspirer. Un an plus tard, Aotra a dépassé le cadre du simple podcast pour devenir une plateforme média suivie par une communauté grandissante.

Tout part d’un point d’origine, le fameux « Aotra » — zéro. Rafenitra Andrianaivo et Zo Tojomalala lancent alors un projet construit autour d’une conviction : montrer qu’il est possible de réussir à Madagascar en partant d’une idée. « Le talent malgache est immense, mais les modèles de réussite manquent de visibilité. Notre carburant, c’est le partage », explique Rafenitra Andrianaivo. Le projet connaît un premier tournant avec l’épisode consacré à Hanta Ramakavelo, qui élargit considérablement l’audience du média. Aujourd’hui, l’équipe compte une dizaine de collaborateurs, dont Zo Tojomalala à la direction des opérations, et plus de 85 000 abonnés suivent les contenus publiés chaque semaine.

Initialement centré sur l’entrepreneuriat, Aotra élargit progressivement ses thématiques. Culture, santé, développement personnel ou encore questions de société trouvent désormais leur place dans les différentes rubriques. « Offrir gratuitement aux Malgaches des contenus auxquels ils n’auraient pas toujours accès », résume le host. Installé à Analamahitsy, le média touche également une audience installée à l’étranger, notamment en France, au Canada, à Maurice ou encore en Côte d’Ivoire. Pour cela, Aotra mise sur une diffusion multi-plateformes : YouTube, Facebook, LinkedIn, Spotify, Apple Podcast ou TikTok. Les formats courts côtoient des épisodes plus longs, qui restent les plus suivis sur YouTube avec plusieurs milliers de vues en moyenne.

L’équipe prépare désormais une nouvelle étape de développement. Parmi les projets évoqués figurent des capsules vidéo plus courtes, des événements de réseautage et une activité éditoriale autour des échanges réalisés dans les podcasts. L’objectif reste le même : créer des espaces de transmission et de discussion autour des parcours, des idées et des expériences locales. Dans un univers numérique saturé de contenus rapides, Aotra tente ainsi d’installer un autre rythme : celui de la conversation, de l’écoute et du partage d’expérience.

Tatiana Randriamanakajasoa

Contact Aotra : 034 99 945 38

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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