Trema Mickaël : Danseur géométrique
9 avril 2023 // Arts de la scène // 6372 vues // Nc : 159

Combiné l’art Zafimaniry et l’art de la danse, c’est la signature de Trema Mickaël, connu sous son nom d’artiste, Xtrema. Le jeune danseur a décidé d’intégrer les symboles Zafimaniry dans la réalisation de ses figures. Géométrie et symboles entrent dans la danse.

La base de la danse de Xtrema est inspirée du tutting géométrie, un style que l’on retrouve aujourd’hui dans le milieu du hip hop également appelé « égyptien » qui consiste à créer des figures géométriques à partir de ses doigts comme celles que l’on retrouve sur les hiéroglyphes et  les représentations du Roi Tut. L’autre appellation, c’est le Tetris, comme le jeu vidéo. Mais le tutting aurait été inventé par Greg Irwin en 1988 car il cherchait à améliorer la mobilité de ses doigts pour jouer au piano d’où le nom « finger tutting. » Ce style a également intégré le milieu du hip hop aux Etats-Unis dans les années 90 à travers le popping, appartenant au funk-styles.

Figure 1
Ringitra ou Rainures signifiant ensemble avec amitié
Figure 2
Voambagnana signifiant cohésion et solidarité

Du côté de Xtrema, ce sont ses recherches universitaires sur la danse qui l’a poussé à explorer la culture malgache. « Je devais parler de la danse mais il fallait trouver un angle particulier. On m’a demandé de me tourner vers les danses traditionnelles malgaches mais comme je n’en pratique pas, puisque je suis plutôt dans la danse urbaine, je n’en voyais pas l’intérêt. Je me suis donc rendu compte que c’était possible d’exploiter les richesses culturelles malgaches et je suis tombé sur l’art Zafimaniry avec ses symboles et ses significations. » Comme sa danse se rapproche plutôt du côté géométrique en réalisant des formes comme le carré, le triangle ou rectangle avec son corps, il n’a pas hésité à faire des tests en réinterprétant les symboles Zafimaniry. Par exemple, on retrouve le Ringitra ou Rainures qui signifie ensemble avec amitié, Voambagnana pour représenter la solidarité et la cohésion ou encore le Mason-tantely pour le partage du bonheur, l’honnêteté, la solidarité dans les travaux à entreprendre. « Ce que vous voyez sur les photos, ce sont juste des poses mais il faut continuer les mouvements et les figures pour pouvoir représenter les symboles. Comme j’ai l’habitude de faire du tutting, reproduire ses symboles n’étaient pas si compliqué. »

Figure 3
Taolan’amalona signifiant égalité des droits
Figure 4
Mason-tantely signifiant partage du bonheur, honnêteté, solidarité dans les travaux à entreprendre

D’ailleurs depuis 2022, Xtrema est considéré comme la référence malgache en tutting après avoir été classé dans le Top du championnat mondial Geometric Madness Online. « J’étais le premier dans la sélection pour le continent africain et ensuite, dans le Top 8 pour la sélection par pays. Je suis fière puisque j’ai battu des danseurs internationaux que je suis sur les réseaux sociaux et dont j’ai regardé avec envie les vidéos. » Mais Xtrema n’est pas à sa première victoire. Il a déjà remporté le battle national durant le festival de danse urbaine Ambony Ambany en 2018 et depuis, il ne compte plus ses trophées ! Aujourd’hui, la danse est devenue son métier après avoir suivi plusieurs formations, ateliers et workshops. « J’enseigne la danse urbaine. Pour le tutting mélangé à l’art Zafimaniry, je le partage plutôt durant les ateliers comme ce que j’ai pu faire l’année dernière pendant la tournée des alliances françaises à Tamatave, à Diégo et Antsorabe. C’est une façon pour moi d’attirer les jeunes à découvrir une facette de la culture malgache à travers la danse et de leur apporter une ouverture d’esprit.»

Conscient qu’il a beaucoup à apprendre sur la culture Zafimaniry, Xtrema prévoit de partir dans la région pour découvrir leur mode de vie et surtout leur façon de sculpter. « Je pense que voir comment ils travaillent m’aidera à faire évoluer mes recherches et peut-être retranscrire ses gestes à travers la danse. Sinon, je travaille sur la création d’une pièce assez longue, environ 45 minutes, où je mettrais en avant à la fois le finger tutting et tout le corps. Donc, je suis à la recherche de collaborations.» Il lui reste donc du travail car cela ne se fait pas en un claquement de doigts !  

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

Lire

23 janvier 2026

Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

L’Ultra Trail des Hauts Plateaux (UTOP) fera son grand retour du 1ᵉʳ au 3 mai 2026 pour une 17ᵉ édition qui s’annonce particulièrement dense. Après av...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Janvier 2026 – NC 192

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition janvier 2026 - NC 192
Prise de vue : La Teinturerie Ampasanimalo 
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG - Carambole
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Mia, Alvine, Safidy, Ken, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir