Nya Rafali : Le noir lui va bien
6 juin 2026 // Cinéma // 1934 vues // Nc : 197

En deux ans à peine, cette réalisatrice autodidacte a été primée à New York et en Italie. Son nouveau court-métrage explore la dystopie comme langage politique. Nya Rafali ne raconte pas Madagascar. Elle le radiographie.

Nya Rafali entre dans le cinéma en 2023. Pas par les voies habituelles – école, stage ou autres – mais par l'écriture, la musique et la performance. « Ainsi qu’une conviction que les images peuvent faire ce que les mots ne font pas toujours », souligne-t-elle. Mais l’autodidacte n’a pas mis longtemps à se faire connaître. Maroserana : The Quest est primé en science-fiction à New York et en Italie. Et ça, sans industrie derrière elle. Ce qui frappe, c'est le genre choisi. Elle fait de la science-fiction pour raconter Madagascar. « Ce genre me permet de dire des choses très réelles sans les enfermer dans un cadre réaliste. Il ouvre des portes que le documentaire ne peut pas toujours ouvrir », dit-elle. Une conviction nourrie par son passage dans une ONG environnementale — terrain où elle a vu les inégalités et les logiques de pouvoir de trop près pour s'en tenir au réel.

Elle n'est pas seule sur ce chemin. La science-fiction africaine a depuis longtemps compris que le réel, sur ce continent, n'a pas besoin d'être amplifié pour devenir dystopique. Wanuri Kahiu l'avait montré avec Pumzi — une Afrique de l'Est asséchée, une société de contrôle, une femme qui résiste. Une coupure d'électricité, l'obscurité qui tombe sans prévenir, la vie qui continue en mode dégradé : il suffit de savoir regarder ce qui existe déjà.

Nya Rafali regarde. Son nouveau court-métrage, Vary Mena sy Siramamy, part d'une image d'enfance : du riz rouge mélangé au sucre, mangé dans le noir pendant les délestages. « C'est une image très simple de mon enfance, mais elle contient beaucoup plus que ce qu'on voit », confie-t-elle. À partir de là, une dystopie dans un futur proche malgache — une société qui semble stable, mais se fissure lentement. Au centre, Rojo, une jeune artiste enfermée dans une relation de contrôle avec sa sœur aînée. Tension silencieuse, domination douce, liberté étranglée.

Le scénario tient en 11 pages et 27 lignes de dialogue. Le reste — couleurs, lumière, silence — fait le travail. « Je voulais enlever tout ce qui n'était pas essentiel. Laisser respirer les images et les émotions. » Tourné en une nuit, équipe 100 % malgache. La contrainte comme outil. « Elle nous oblige à être plus précis, plus intentionnels. Rien n'est laissé au hasard. »

Lucas Rahajaniaina

Facebook : Nya Rafali
Photos fournies par Nya Rafali

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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