Lovatsara.K : « Madagascar est légitime »
7 juin 2025 // Mode & Design // 11914 vues // Nc : 185

Le luxe made in Madagascar a-t-il sa place dans une mode encore dominée par les standards européens ? Soamamy Narove et Matis Rakotomahanina, co-CEO de la marque Lovatsara.K lancée le 15 février, répondent sans détour. L’héritage (lova), les matières, le savoir-faire sont bien là. La vraie question, c’est comment les valoriser.

Le tsihy, au cœur de la première collection « Tsih’K », a surpris le public sur le runway. C’est volontaire ! Ce tissage populaire, symbole familier à toute l’Île, est ici élevé au rang d’article de mode. « Nous travaillons des matières naturelles comme le lin ou le soga, souvent considérées comme brutes ou rustiques.

Nous les ennoblissons par la coupe et la broderie. En les réappropriant, nous affirmons une mode réfléchie, ancrée et portée par l’excellence », explique Soamamy Narove, fondatrice de la marque, influencée par l’élégance des femmes de son enfance et les traditions. Matis Rakotomahanina, lui, apporte une énergie plus dynamique et moderne. « Nos deux univers se nourrissent sans jamais s’imposer », ajoute ce dernier. Le choix du showroom à Ankorondrano, loin du centre historique d’Antananarivo, marque cette volonté d’orienter l’héritage vers l’avenir.

Ces influences éclectiques font que « tout le monde peut porter du Lovatsara.K », de la robe de la princesse Fenosoa Ralandison Ratsimamanga au palais de Manjakamiadana, aux tenues du quotidien, sans oublier les looks des grandes occasions. Pour Soamamy Narove, le luxe commun à ces différentes catégories, c’est la réflexion derrière chaque création, la cohérence entre le fond et la forme. « L’habit ne cache pas, il révèle. Il doit coller à celui qui le porte, surtout en sur-mesure.

Et la qualité, c’est non négociable. Nous contrôlons tout, nous nous entretenons avec le client, et nous travaillons avec des artisans triés sur le volet », soutient Matis. Chaque vêtement porte une histoire : dans un drapé, une broderie discrète, une manchette. Mais le marché international sera-t-il sensible à ces subtilités ?

En 2024, Fendi revisitait son sac Roll en collaborant avec des artisans malgaches et du raphia local. La même année, Angelina Jolie et Chloé mettaient en lumière le savoir-faire de l’entreprise sociale Akanjo. Les exemples s’enchaînent, mais ce sont encore des marques étrangères qui s’approprient nos richesses. Chez Lovatsara.K, l’optimisme est intact. « La reconnaissance viendra peu à peu. Nos matières sont déjà utilisées par les grandes maisons, même si nous n’y avons pas encore pleinement accès. Avec l’ouverture et la force de notre savoir-faire, on saura traduire à notre façon les tendances artistiques globales et s’exporter », promet Soamamy Narove. Même s’ils reconnaissent la nécessité d’un accompagnement financier, ils continuent de revendiquer l’héritage malgache : une deuxième collection surprise est en route.

Mpihary Razafindrabezandrina

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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