Loko Gasy : Nord et Sud
15 août 2025 // Musique // 11563 vues // Nc : 187

Ils viennent du Nord et du Sud, et ont uni leurs racines pour créer un son unique qu’ils appellent antsa-beko. Loko Gasy transforme le choc des rythmes en fusion envoûtante. Et leur audace commence à résonner bien au-delà de Madagascar.

Depuis deux ans, leur nom fleurit sur les affiches de concerts et de showcases à Antananarivo et ailleurs. Loko Gasy – littéralement « couleurs malgaches » – est un quatuor audacieux qui se joue des frontières musicales. Composé de Safidy (chant), Mika (batterie), Tantely (basse) et Tafita (guitare), le groupe a inventé une fusion inédite qu’il appelle antsa-beko. Une rencontre explosive entre le antsa, chant sacré du Nord, et le beko, emblème sonore du Grand Sud.

À première vue, ces deux rythmes ne semblent pas faits pour cohabiter. Le antsa, exécuté par des groupes de femmes âgées lors des rituels, est vif et énergique, presque en transe. Le beko, plus lent et solennel, accompagne les cérémonies funéraires du Sud, chanté exclusivement par des hommes. Techniquement, l’un est en ternaire, l’autre en binaire : deux logiques rythmiques qui s’entrechoquent. « C’est un vrai défi d’adapter ces structures pour éviter les décalages », explique Mika, le batteur. Mais Loko Gasy y parvient en jouant sur les arrangements et en saupoudrant le tout d’afrobeat, « pour donner une couleur actuelle qui parle aux jeunes », sourit Tantely. Le choix de ces deux rythmes ne doit rien au hasard. Mika est originaire du Sud-Est, Tantely du Nord. Safidy, betsileo, et Tafita, enfant des Hautes Terres ayant grandi dans le Grand-Sud, incarnent ce pont entre traditions. « C’est notre identité : tout Madagascar en un seul groupe », résume Tantely.

Chacun des quatre musiciens évolue déjà dans d’autres formations – de Masabao à Sammy – mais Loko Gasy est leur laboratoire d’expérimentation. « Lors de notre premier showcase à Tana, le public, en majorité étranger, a adoré. Mais le plus beau, c’est qu’un public 100 % malgache a aussi été conquis », raconte Safidy. Preuve que les musiques roots ne sont pas l’apanage de la world music pour touristes. Et l’aventure ne fait que commencer. Après avoir été présélectionné pour le Prix Découverte RFI 2025, Loko Gasy vient d’être invités au festival Milatsika de Mayotte en octobre prochain. « Porter haut et loin le flambeau malgache, c’est notre ambition », affirment-ils en chœur.

Solofo Ranaivo

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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