Davalt Records : L'usine à hits
18 juillet 2026 // Media & Add-0n // 1994 vues // Nc : 198

Ce jingle — « Davalt Records ! » — résonne comme un coup de tonnerre à la fin des clips de Parish ou Tanjona Randrianarivelo. Derrière cette signature sonore devenue incontournable se cache Davida Alain Tatasoa, alias Papa Davalt. Producteur humble, dénicheur de talents hors pair, il vient d'être récompensé cette année par YouTube avec le trophée des 100 000 abonnés et une dotation mensuelle de 1 500 euros.

Tout commence en 2023 par un coup de tête, un smartphone au poing et des économies personnelles investies dans les premiers clips. Le premier pari s'appelle Parish. Le public accroche immédiatement, les compteurs s'affolent. Deux ans plus tard, Davalt Records gère une écurie de plus de quarante artistes, répartis sur trois studios animés par trois réalisateurs attitrés. En juin dernier, les Music Awards Afrique ont sacré Davalt Meilleur Producteur du continent. Le trophée YouTube a suivi. « Cet argent sert à payer le loyer de notre complexe de création », confie-t-il avec le sourire tranquille de quelqu'un qui réinvestit avant même de fêter.

Le modèle économique de la maison relève de la pure philanthropie artistique. Contrat de trois à cinq ans, totalement gratuit au départ. Studio, logement, nourriture, clips, gestion des dates — tout est pris en charge. « 90% des artistes viennent me demander de l'aide. Je refuse ceux qui ont déjà les moyens. Ce que je cherche, c'est le talent brut », explique-t-il.

L'investissement ne devient rentable que bien plus tard, quand l'artiste monte sur les grandes scènes ou monétise ses réseaux. Côté création, Papa Davalt avoue trouver sa meilleure inspiration dans l'intimité de ses toilettes — c'est là qu'ont mûri les mélodies de hits comme Pour toujours de Goulam, 51 millions de vues au compteur. Sur l'IA, il tranche net : « On ne copiera jamais le génie humain. »

Son prochain grand défi se joue à Antananarivo avec le Glitch Malagasy. Un nouveau studio en cours d'aménagement, bardé d'écrans LED synchronisés, de lumières immersives et d'un salon de beauté intégré pour parfaire l'image des artistes avant le signal Action. Des sessions live d'envergure internationale sont dans les tuyaux. « Le matériel est déjà là, installé », déclare-t-il, l'œil brillant. « J'attends simplement le bon partenariat médiatique pour lancer le premier flux. » Un homme dans l'ombre, qui prépare une entrée en pleine lumière.

Tatiana Randriamanakajasoa

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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