Corduroy : Côte que coûte
9 novembre 2025 // Mode & Design // 2535 vues // Nc : 190

C’est un tissu qu’on croyait rangé dans les armoires de nos grands-parents. Et pourtant, le voilà revenu sur toutes les silhouettes, des podiums aux friperies. Le velours côtelé, ou corduroy pour les initiés, refait surface avec un aplomb tranquille, un peu comme un vieux copain qu’on redécouvre sous un jour plus stylé.

Des jupes, des vestes oversize, des sacs à dos ou même des housses de canapé : sa texture à stries a conquis autant les jeunes créateurs que les décorateurs d’intérieur. Bryan Raobison, fondateur de la marque Simplor, en a fait sa matière de prédilection. « J’ai été attiré par sa texture, la douceur au toucher et cette sensation de relief. C’est une matière qui vit, qui respire, et qui permet une grande liberté créative », explique-t-il, caressant un bout de tissu qu’il s’apprête à transformer en veste. Le velours côtelé, c’est un peu la douceur du coton mêlée à la robustesse d’un tissu de travailleur — un mariage entre confort et caractère.

Ce tissu à la fois chic et rustique nous vient de très loin. Son ancêtre, la futaines, remonte au Moyen Âge, probablement en Inde, avant de gagner l’Europe. À la Renaissance, François Ier en fit une étoffe d’apparat, symbole de prestige. Puis l’Angleterre industrielle du XIXᵉ siècle en fit le vêtement du peuple : solide, pratique, bon marché. Le mot corduroy lui-même viendrait de cord (corde) et duroy (tissu de laine), un clin d’œil à son tissage en fines colonnes, appelées «côtes»

Aujourd’hui, les maisons comme Yves Saint-Laurent, Gucci, Prada ou A.P.C. s’en emparent pour leurs collections automne-hiver. Et sur les tapis rouges, des icônes comme Harry Styles ou Timothée Chalamet osent le costume en velours côtelé, réconciliant vintage et modernité.

Derrière son allure tranquille, le velours côtelé cache un vrai savoir-faire. Ce tissu, composé de coton, de laine ou parfois de polyester, pèse entre 120 et 320 g/m². Assez lourd pour tenir chaud, mais souple et d’une douceur presque caressante. Chaque côte est tissée, coupée, puis brossée pour obtenir ce grain si particulier, à la fois chaud, solide et élégant. Et parce qu’un beau tissu se respecte, il demande un peu d’attention. « Le corduroy, ça se lave en machine, mais tout en douceur, à 30 degrés maximum », explique une créatrice de mode qui prépare une collection entièrement consacrée à cette matière. « On le sèche à l’air libre, jamais en machine, et surtout on le repasse à l’envers, sur un tissu éponge. Le repassage à l’endroit, c’est le meilleur moyen de ruiner sa brillance », explique-t-elle, comme dans un tuto sur Youtube. Une leçon d’amour textile, en somme. À Antananarivo, le mètre de velours côtelé se vend entre 15 000 et 20 000 ariary.

Un prix modeste pour un tissu qui traverse les siècles. Tanteliniaina Ramarozatovo, créatrice de la marque Poezie, y voit « une matière pleine d’âme, entre nostalgie et innovation ». Elle en fait déjà des sacs, bientôt des robes et vestes féminines.

Rova Andriantsileferintsoa

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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