Compagnie Zolobe : Des clowns qui font réfléchir
16 janvier 2024 // Arts de la scène // 6580 vues // Nc : 168

La compagnie Zolobe, originaire de Diego, est une perle artistique malgache qui redéfinit le théâtre avec un concept unique. Avec leur spectacle actuel « Sakasaka », la compagnie marie l’innocence du clown à des messages profonds sur l’importance cruciale de l’eau. Explorez cet univers théâtral qui propulse l’art au-delà des frontières linguistiques.

Depuis ses débuts en 1998, la compagnie Zolobe explore le riche patrimoine culturel de Madagascar. Elle harmonise la musique, les marionnettes, et des spectacles de clown, tout en relevant des défis sociaux avec des thèmes brûlants comme la corruption ou la bonne gouvernance. Depuis 2019, la compagnie Zolobe a embarqué le public dans un voyage sans paroles, mais riche en messages, avec leur spectacle « Sakasaka ». En effet, le titre, qui signifie « assoiffé » en malgache du Nord explore le thème vital de l’eau dans un silence éloquent d’environ 50 minutes. « Le spectacle offre une expérience universelle, et touche le cœur de chaque spectateur, qu’il parle malgache, français ou même chinois » rapporte Vagno, président de la compagnie. À vrai dire, le thème de l’eau, ressource précieuse et coûteuse est tissé dans chaque geste et chaque mimique. « Sakasaka explore l’eau dans toutes ses dimensions, de la parcimonieuse échange à la source de rires et de conflits. L’eau symbole de propreté et de purification est également présentée comme un élément vital à la survie ».

Sur scène, on retrouve trois clowns candides et deux musiciens polyvalents accompagné d’instruments variés tels que l’accordéon, la guitare basse, le kabosy, la percussion, la flûte et bien d’autres. En outre, le spectacle a voyagé à travers le monde depuis Abidjan, Canada, Etats-Unis et l’île de La Réunion. « La magie réside dans la réaction du public, surpris de voir comment un spectacle de clown peut être un catalyseur pour sensibiliser sur l’importance de l’eau ». Cela dit, les clowns font réfléchir les adultes tout en divertissant les enfants, prouvant que l’humour peut être un formidable vecteur d’éducation. Non seulement chaque geste des clowns est orchestré avec une concentration débordante, mais chaque bruitage est aussi soigneusement synchronisé avec la musique. Pour tout dire, c’est un ballet hilarant et profondément significatif qui explore la dualité de l’humanité face à la question cruciale de l’eau. Malgré les tournées internationales, les artistes restent fidèles à leur art. « Aucun mouvement n’est ajouté ou retiré du spectacle. On effectue que les mouvements appris lors de la répétition ». En vérité, deux années ont été nécessaires pour créer « Sakasaka ». « On a collaboré avec des experts en mise en scène et en langage du corps ».

Mais ce n’est pas tout ! La compagnie Zolobe ne se contente pas de divertir. Avec un centre socioculturel comme leur bastion, elle s’engage avec les jeunes du quartier en leur offrant des encadrements qui ne visent pas seulement à créer des artistes, mais à éduquer et inspirer la jeunesse. En général, Zolobe est composé de 15 artistes dont cinq professionnels illuminant les planches et dix amateurs façonnant des spectacles dans les quartiers. « Ça nous arrive aussi de faire des ateliers de formations dans des écoles ». 

Bien avant « Sakasaka », la compagnie Zolobe a illuminé les scènes du monde avec un autre chef-d’œuvre intitulé « Zarazarao » (partager), qui démontre l’importance de partager avec son prochain. « Entre 2014 et 2018, ce spectacle a parcouru le globe, accumulant 700 représentations ». Lorsqu’ils sont revenus à Antananarivo en décembre 2023, l’accueil du public a été accompagné de commandes spéciales pour présenter « Zarazarao » aux côtés du célèbre « Sakasaka ». Pour la compagnie Zolobe, même avec un spectacle déjà à succès, l’opportunité est une mission importante. « Il nous arrive de représenter nos créations précédentes si l’occasion se présente. Il est crucial de créer de nouveaux chefs-d’œuvre tout en honorant l’impact et l’importance de nos créations antérieures » rapporte Vagno. Et rassurez-vous, ils travaillent déjà sur un nouveau spectacle !

Propos recueillis par  Cédric Ramandiamanana
Contact Compagnie Zolobe : +261 32 73 145 89

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

Lire

23 janvier 2026

Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

L’Ultra Trail des Hauts Plateaux (UTOP) fera son grand retour du 1ᵉʳ au 3 mai 2026 pour une 17ᵉ édition qui s’annonce particulièrement dense. Après av...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Janvier 2026 – NC 192

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition janvier 2026 - NC 192
Prise de vue : La Teinturerie Ampasanimalo 
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG - Carambole
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Mia, Alvine, Safidy, Ken, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir