Andri Marcel
2 avril 2021 // Arts Plastiques // 7226 vues // Nc : 135

Architecte de formation, l’artiste plasticien Andri Marcel se spécialise dans la peinture et la sculpture depuis 2010.
« À l’école, je dessinais beaucoup sur les tables, ce qui m’a valu pas mal d’heures de colle. Sinon, cette envie de sublimer les matières, c’est grâce à mon père qui travaillait le bois. » Sensible à la dégradation de l’environnement, il aime utiliser les objets recyclés. « Je récupère les plastiques des zones franches que je transforme en sacs ou en tapis. Dans mes sculptures ou mes peintures, j’intègre les canettes, les mégots, les voiles, les grillages ainsi que le plâtre et l’enduit. Côté dessin, je réalise des paysages, des portraits avec du crayon, de la pierre noire ou de la sanguine. Pour la peinture, j’opte plutôt pour l’acrylique, l’aquarelle et le collage. »

Ses sculptures abstraites s’inspirent le plus souvent de la société, des énergies que dégagent les gens qu’il rencontre ou les planètes. Cette année, il prévoit différents projets, notamment la collaboration avec une entreprise confectionnant des vêtements et accessoires, mais aussi la réalisation d’une exposition solo.

BRISONS LE SILENCE
« Stop à toutes formes de violences. Un hommage aux femmes qui luttent pour leurs droits, à celles qui sont oppressées par la société et à celles qui espèrent une victoire. »
VOLON-DANITRA
« Le ciel avait une couleur bizarre le 19 avril 2020. J’étais fasciné par les couleurs et je n’ai pas pu m’empêcher d’en faire une peinture.»
Techniques mixtes : collage, pochoir, acrylique, à l’huile, bombe spray


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Le 1er mai, à Madagascar, certains se lèvent à l'aube pour aller… travailler. Pas par oubli du calendrier, mais par nécessité. Il y a quelque chose de presque philosophique là-dedans. Depuis des décennies, le monde entier célèbre ce jour comme une victoire arrachée de haute lutte — Chicago, 1886, le sang des ouvriers sur les pavés, la semaine de huit heures comme horizon promis. Belle histoire. Sauf qu'ici, à Antananarivo comme à Tamatave, la question n'est pas tant de combien d'heures on travaille, mais bien de combien de travaux on jongle simultanément. Prenez ce vieux Mamy. Fonctionnaire le matin, revendeur de crédit téléphonique l'après-midi, et le week-end — discret, mais régulier — petit élevage de poulets en banlieue. Trois activités, un seul homme, zéro fiche de paie qui suffise. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de la survie érigée en système. On appelle ça « avoir plusieurs cordes à son arc », expression polie pour désigner une réalité que beaucoup connaissent sans jamais nommer.Car le vrai travail malgache, celui qui fait tourner les familles, se passe rarement sous les projecteurs des statistiques officielles. Il est informel, inventif, insaisissable. Un peu comme ce personnage de Sisyphe — mais version optimiste : Sisyphe qui, en remontant son rocher, aurait trouvé le moyen de vendre des cacahuètes sur le chemin. Alors pour ce 1er mai, fêtons le travail — tous les travaux. Celui qu'on déclare et celui qu'on tait. Celui du contrat et celui du débrouillard. Avec une pensée particulière pour tous ceux qui, aujourd'hui encore, n'auront pas le luxe de s'arrêter pour célébrer. La fête du Travail leur appartient aussi. Peut-être même surtout.Solofo Ranaivo

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