Ambony ambany : Sens dessus dessous
20 juillet 2025 // Mode & Design // 9537 vues // Nc : 186

Sa chambre à coucher lui fait office d’atelier, et son lit d’établi,. Et c’est de là que sortent les créations – entièrement artisanales – de Ny Antema Tokiniaina Rakotoarivony. Depuis février, ce jeune styliste dévoile des vêtements conçus à partir de tissus d’ameublement – rideaux, nappes ou vieux canapés fatigués…. bref, tout sauf du tissu banal. Et le plus fou, c’est que ça marche.

Ambony Ambany mélange ordre et désordre, et prend vie dans l’esprit de son jeune créateur. Ce sont des vêtements taillés dans des tissus d’ameublement : rideaux, dessus-de-lit, salons démodés. « Le nom vient de cette complémentarité dans le chaos entre deux choses qui ne sont pas censées aller ensemble : l’ameublement et les vêtements. » Ny Antema Tokiniaina Rakotoarivony fait de la couture son mur d’expression. Il revoit chaque détail, relie les dessins, rajoute une symétrie presque instinctive. « Quand je couds, j’apprécie particulièrement les tissus avec une illustration : j’aime relier les dessins et trouver comment je peux en ressortir le meilleur. » À la machine comme à la main, les vestes et ensembles Ambony Ambany interpellent, autant par leur allure brute que par une finition soignée, presque exigeante. Adepte des matières épaisses, ce passionné collectionne lui-même ses tissus, les déniche un à un, parfois au détour d’une friperie ou d’un vieux grenier.

Comme un peintre avec ses couleurs, Ny Antema imagine ses modèles à partir des motifs qu’il découvre. Un long processus qui fait naître un prototype, une silhouette qu’il dupliquera et adaptera à la personne qui la portera. Car pour lui, chaque tenue est pensée comme un Ambony Ambany pour une personne. Il ne propose pas de personnalisation sur commande : il livre ce qu’il ressent, dans l’instant. « Cette marque, c’est ce côté sens dessus dessous, en désordre et contre les règles, en moi. » Il se souvient avec fierté de cette veste deux-en-un, rouge, en modèle unique, qu’il a réussi à composer avec à peine un mètre quarante sur un mètre trente de tissu de chaise. Un pari technique. Une obsession. Acharné, il donne forme à des pièces qui tiennent de l’élégance et du streetwear, entre allure et contre-pied.

C’est en 2021 que Ny Antema fait ses premières armes, auprès de sa mère, couturière de métier. Depuis, Ambony Ambany a pris forme, doucement mais sûrement : six modèles, plus d’une cinquantaine de pièces vendues, à Antananarivo comme à l’étranger. Une marque qu’il explore seul, de la coupe à la broderie du logo – parfois avec un petit coup de main maternel. À 23 ans, le jeune créateur tisse une voix singulière, entre art et mode, entre cohérence et étrangeté, entre qualité et made in Madagascar. « D’autres pièces seront bientôt disponibles. Mais pour l’instant, je montre surtout les vestes, parce que j’aimerais créer cette identité, et dire que j’utilise des tissus d’ameublement… sans le dire. » Pour demain, il rêve de pouvoir personnaliser ses propres tissus, d’ouvrir sa boutique. Et de faire entendre sa voix sur la scène internationale.

Rova Andriantsileferintsoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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