Haridio et Lova Santatra
26 octobre 2025 // Quiz & Actuel // 3599 vues // Nc : 189

Haridio : Le collectif fait la force

Haridio Randriamanantsoa est une personnalité incontournable. Promoteur culturel et artistique, fondateur du collectif BSKMG, il est à l’origine de nombreux événements et festivals culturels comme Indie Indry, entre autres. Son nom est désormais bien connu, la presse parle beaucoup de lui. Mais sans fausse modestie, l’homme rappelle que la réussite de chacun des projets qu’il a portés tient avant tout à son équipe. « Je n’ai pas de super-pouvoir. C’est chaque membre du collectif – avec ses compétences et sa passion pour la musique – qui fait le succès de ce que nous organisons », souligne-t-il. De l’organisation d’événements à l’accompagnement artistique, en passant par la communication et les partenariats, chaque projet est le fruit d’un travail collectif, où toutes les tâches sont valorisées au même niveau. Certes, travailler en équipe, c’est parfois des idées qui s’opposent, des débats qui s’éternisent, des visions qui divergent. Mais Haridio a compris que c’est justement ce qui rend l’aventure passionnante et fait avancer les choses.

Conscient de l’importance du travail d’équipe, il s’est entouré, au sein de BSKMG, de personnes animées par la même passion pour la musique et, surtout, la même vision. « Monter un événement, c’est des mois de travail acharné. Autant les vivre avec les bonnes personnes. La convivialité et la bonne humeur donnent du tonus et de l’énergie », ajoute-t-il. En y réfléchissant, même le mot collectif, qui décrit BSKMG, traduit déjà cette inclination profonde pour le travail en groupe. Pas d’égo, que des échos ?

Rova Andriantsileferintsoa

Lova Santatra : Seule, et alors ?

Les pieds dans l’eau, assise sur un rocher avec une feuille sur les genoux, Lova Santatra a tout d’une image figée de poétesse. Le cliché est évident, mais c’est ainsi qu’elle écrit depuis 1997. Cette discipline solitaire lui a valu l’estime de figures comme Bessa et Solofo José. Chez elle, l’acte d’écrire n’est pas un exercice collectif : c’est un tête-à-tête avec la nature et ses émotions. Depuis qu’elle a quitté la capitale pour une maison près de Sabotsy Namehana, cet isolement a pris encore plus de sens. « Quand j’écris, ma famille reste au rez-de-chaussée. Ils savent que ce retrait n’est jamais inutile, car un texte finit toujours par naître. C’est indispensable pour rester fidèle à ce que je ressens », soutient-elle. Ses rares expériences de collaboration ne lui ont jamais donné goût à l’effort collectif. Elle participe au Faribolana Sandratra, ce cercle de poètes qui se réunit au CGM, mais reconnaît que ce n’est pas son terrain naturel. Lors de la sortie du recueil Kipantsona avec Voary, elle a vite été rattrapée par son besoin d’autonomie.

« J’ai tout préparé seule. Les autres n’ont débarqué qu’une fois la scène montée. C’est exactement pour ça que je préfère m’en charger moi-même : au moins, je peux compter sur ma propre détermination », déclare l’artiste. Et si Lova Santatra cultive la poésie en solitaire, elle explore aussi la mode. Mais là encore, elle se heurte aux contraintes d’un univers où l’équipe est indispensable. Un mannequin qui se désiste, des collaborateurs volatils, des dizaines de mails à gérer… la liste est longue. « Mon rêve serait d’avoir un manager qui s’occupe de tout ça. Comme ça, je pourrais me concentrer uniquement sur ce qui m’importe : créer, seule », songe la poétesse.

Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Lova Santatra

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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