En ville avec Rakotoajaona Mampionona
12 octobre 2021 // Downtown // 6142 vues // Nc : 141

Photographe spécialisé dans les portraits et les photos de rue, Rakotojaona Mampionona aime flâner dans la ville. Il nous livre ses bons plans.

Votre resto favori ?
Chez moi ! J’adore cuisiner mais quand je sors, j’aime bien tester des restos pour me faire une idée. Deux adresses que j’affectionne, les pizzas à La Trattoria à Isoraka et le Queen’s Burger à Faravohitra.

Votre plat préféré ?
Ça dépend des jours. Parfois je suis d’humeur steaks et entrecôte et parfois, quand je me sens un peu lourd, j’opte pour les salades. En général, le plat que je ne refuse jamais, les spaghetti à la carbonara.

Votre boisson fétiche ?
Le jus de fraise avec un peu de citron. C’est mon fruit préféré et c’est la boisson qui me redonne le sourire !

Vos hobbies ?
J’en ai beaucoup en plus de la photographie. Je suis un cinéphile, un amateur de mangas et j’aime beaucoup la musique. Je joue un peu de piano.

Un endroit pour faire du shopping ?
Les friperies à Mahamasina tous les jeudis et parfois sur Facebook en cherchant bien !

Les meilleurs plans pour un apéro ou pour terminer la soirée ?

Ça dépend des gens qui sont avec moi, mais rien ne vaut les plans improvisés. Genre, on prend la caisse et on roule au loin ou bien on se pointe chez un pote et on regarde des films. Au feeling !

Un endroit pour s’évader ?
Aux alentours de Mantasoa, il y a des coins magnifiques pour se reposer. J’aime bien les lieux discrets où tu peux écouter de la bonne musique.

Les meilleurs plans pour les vacances ?
Fianarantsoa et Antsirabe, je ne suis plus trop chaud pour les coins très ensoleillés !

L’événement culturel qui vous a marqué ?
Les Rencontres du Film Court en 2017 et 2018. Ça m’a ouvert des portes en moi et ça m’a aidé à évoluer.

Votre actualité ?
Surprise surprise !


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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