Compagnie Ako : Pièce à conviction
18 janvier 2026 // Arts de la scène // 2168 vues // Nc : 192

En novembre dernier, à l’IFM Analakely, la compagnie Ako a présenté Tsimbalivaly, une comédie musicale en trois actes écrite et mise en scène par Miora Anjaratianarivony. Un spectacle dense, vivant, qui rappelle que – malgré un contexte difficile – le théâtre malgache continue d’inventer, de chercher, et surtout, de jouer.

Pas qu’une simple représentation de plus dans l’agenda culturel. La pièce Tsimbalivaly de la compagnie Ako se positionne comme une prise de parole. Sur scène, des corps en mouvement, de la musique, des dialogues qui glissent du rire à la gravité. En coulisses, les comédiens s’acharnent à faire exister le théâtre contemporain dans un pays où cet art n’occupe plus la place qu’il avait autrefois. C’est de cette obstination qu’est née La Compagnie Ako. À sa tête, Miora Anjaratianarivony, auteure et metteuse en scène, formée très tôt auprès de Mbato Ravaloson. « Il voulait former des comédiens, mais aussi des personnes capables de diriger. C’est là que j’ai appris les bases, le sens du collectif, la rigueur », raconte-t-elle. Elle affine ensuite son regard auprès de figures comme Tropy Jeannette et la compagnie Miangaly Théâtre. « Les observer m’a appris la présence scénique, le rythme, la manière de tenir un public », confie l’artiste.
Chez Ako, écrire et être metteur en scène sont deux choses indissociables. Miora est auteur sur la plupart des spectacles mais elle adapte également des pièces comme Vakivakim-piainana ou Rabeniomby et Ravolahanta.

Les créations s’amorcent souvent au cours des répétitions. « Chacun peut proposer. Si ça sert le message, on garde. Sinon, on avance », dévoile Miora. Le théâtre qu’elle défend se défait volontairement du classique. Spectacle à géométrie variable, avec croisement de formes, espaces mobiles, improvisations… un véritable terrain d’expérimentation. « La technologie peut être un plus, mais elle n’est jamais indispensable. Même sans argent, un spectacle peut marcher. La scène reste un espace profondément humain », martèle la metteuse en scène.

Cependant, les spectateurs se font plus rares. Le théâtre, qui doit supporter la concurrence d’autres loisirs plus visibles, a du mal à attirer. « Il y a un vrai manque de communication. Beaucoup ne savent même pas qu’il y a des représentations », remarque Miora. Le théâtre n’a pas la côte au sein des médias non plus. Pour autant, Ako persévère. En effet, les thèmes abordés – amour, souffrance, liberté de choix – sont toujours d’actualité. Une création autour des contes est déjà en cours de confection pour janvier 2026, preuve que la compagnie perçoit le théâtre comme une matière vivante, en perpétuel dialogue avec la société. Sans être tendance, le théâtre malgache survive. Et avec des compagnies comme Ako, il démontre qu’il n’a pas encore tout dit — et des publics à toucher, même au compte-goutte.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 0348819106
Facebook : Compagnie Ako

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Littérature : Hommage à Clarisse Ratsifandrihamanana

Lire

15 avril 2026

Littérature : Hommage à Clarisse Ratsifandrihamanana

Les écrits restent, l’héritage demeure. Samedi 11 avril, une étape symbolique a été franchie au Musée de la Photo à Ambohidahy : l'inauguration offici...

Edito
no comment - Notre janvier à nous

Lire le magazine

Notre janvier à nous

Il y a quelque chose d'assez beau dans l'idée de commencer l'année en mars. Quand le reste du monde a déjà oublié ses résolutions de janvier, nous, nous prenons le temps — celui du calendrier lunaire, celui des ancêtres. Ce n'est pas du retard. C'est une autre façon de mesurer le temps.
Cette année, quelque chose a changé. Ou plutôt : quelque chose est en train de revenir. De plus en plus de Malgaches — jeunes surtout, ce qui n'est pas anodin — se retournent vers leurs racines, cherchent à comprendre ce que signifie réellement l'Alahamadibe, posent des questions que leurs parents n'avaient pas forcément posées. Cette prise de conscience mérite qu'on s'y arrête. On ne peut avancer qu'en sachant d'où l'on vient. C'est vrai pour les individus.
C'est vrai pour les peuples. Alors, en ce début d’année en plein mois de mars, permettez-nous de vous adresser nos voeux les plus sincères. Mitomboa hasina — que votre valeur sacrée grandisse. Samia tsara, samia soa — que tous soient en bonne santé, que tous aillent bien. Que cette nouvelle année soit plus lumineuse que la précédente, plus douce, plus féconde. Que ceux qui cherchent leurs racines les trouvent — et qu'ils y puisent, non pas une nostalgie stérile, mais une force tranquille pour aller de l'avant. Taombaovao 2026. Une page blanche. À vous de l'écrire.

No comment Tv

Interview - kaMi - Avril 2026 - NC 195

Découvrez kaMi artiste recycleur dans le no comment ® NC 195 - avril 2026
Né à Antananarivo, d'origines Betsimisaraka et Mahafaly, il transforme depuis l'adolescence les déchets en œuvres d'art. Canettes, bouteilles, journaux, emballages : entre geste écologique et démarche artistique, cet artiste recycleur self-made rêve aujourd'hui d'une boutique et de transmettre son savoir-faire.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir