Christophe Rabearimanana : Coup de pied au micro
5 août 2025 // Cinéma // 4285 vues // Nc : 187

Sa voix est une image. Christophe Rabearimanana, maître du théâtre radiophonique, a fait du « daka mandrivorivo » un symbole qui résonne dans l’imaginaire collectif. Depuis plus de vingt ans, il habite des personnages qui ne quittent plus nos oreilles.

Son fameux « daka mandrivorivo » – ce coup de pied devenu culte – a pénétré la pop culture malgache. Dans le théâtre radiophonique, cette réplique est aussi légendaire que la voix qui la porte. Christophe Rabearimanana, figure incontournable des “tantara”, captive depuis des années des générations d’auditeurs. « À la radio, on voit presque les savates de Jean-Claude Van Damme. C’est très visuel, alors qu’on n’entend que sa voix », sourit Michel Andriantsoa, quadragénaire et grand amateur de tantara.

Et cet acting qui donne aux auditeurs l’impression de regarder sur grand écran, Christophe le ramène quel que soit le rôle interprété : héros romantique, comique, peureux ou tyrannique… « Le plus exigeant a été celui de Rabezavana, célèbre initiateur du soulèvement du 29 mars 1947. Il fallait un ton imposant, fidèle à l’époque. Mais je l’ai fait », se souvient le comédien.

Ayant joué dans plus d’une centaine de pièces, son histoire dans l’art commence sur les planches. Arrivé à Antananarivo au début des années 2000, cet originaire de Toamasina fait la rencontre de Solofo José, une icône malgache du théâtre (radiophonique notamment). Il rejoint la troupe Rohikanto, où il continue de vibrer pour la scène. Mais c’est derrière le micro qu’il marque les esprits. « Vraisemblablement, l’expérience des planches y est pour quelque chose », sourit-il. « Le cœur du public bat plus fort quand il imagine la scène. Moi, je mets toute ma force dans mon “daka mandrivorivo” », confie-t-il.

Aujourd’hui, ses voix résonnent bien au-delà des ondes classiques. « Avant, on n’écoutait les tantara qu’à 13h15 sur la radio nationale. Maintenant, grâce aux smartphones, on les écoute partout, à toute heure », se réjouit l’artiste. Le théâtre radiophonique se réinvente, propulsé par des maisons de production dynamiques et une audience fidèle. Toutefois, Christophe a mis sa carrière d’acteur en pause. « Depuis la fin des DVD, diffuser un film est devenu compliqué. Or, l’art doit rester accessible », regrette le comédien. Entre deux enregistrements et quelques publications sur les réseaux, Rabearimanana continue d’habiter ses personnages… mais hors micro.

Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 34 02 330 74
Facebook : Christophe Rabearimanana

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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