Ank’Izy : Réinventer le soutien scolaire
7 juin 2025 // Assos // 8988 vues // Nc : 185

Alors que nombre d’associations plient face au désengagement des bailleurs, Ank’Izy tient bon. Fondée en 2017 par Dimby Ranoelimanana, l’association mise sur une approche bottom-up portée par l’engagement bénévole. Le principal indicateur clé de performance est les résultats aux examens officiels, notamment le Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE).

Ils s’appellent les « zoky », comme des grands frères ou grandes sœurs bienveillants. Ce sont des bénévoles, jeunes pour la plupart, munis au minimum d’un baccalauréat et surtout d’une farouche envie de transmettre. Ils ne sont pas payés, prennent souvent à leur charge les frais de déplacement et d’organisation. Et pourtant, ils sont là, chaque semaine, pour accompagner les élèves des écoles primaires publiques. Leur seule vraie richesse ? Cette proximité sincère avec les enfants, cette capacité à créer un lien de confiance qui peut, parfois, changer une vie. « Parfois, il suffit de rencontrer une personne qui t’inspire, et cela te pousse à continuer », persuade Dimby Ranoelimanana.

Avec eux, l’association Ank’Izy propose pendant six semaines par trimestre des activités variées aux enfants des classes de 8ᵉ et 7ᵉ : développement personnel, apprentissages ludiques, initiation à l’anglais, renforcement du français, arts et métiers, sensibilisation à l’environnement et au civisme… Le tout ponctué par un grand goûter, moment simple mais essentiel, où l’on rit, où l’on partage, où l’on s’attache. « Ank’Izy est aussi une philosophie », lancent ces zoky. Face aux vents contraires et au désengagement progressif des bailleurs de fonds, l’association a fait le choix courageux de l’autonomie. Plutôt que de courir après des financements instables, elle parie sur l’engagement, le bouche-à-oreille, et l’esprit de communauté. Une stratégie que Dimby Ranoelimanana, l’un des piliers de l’organisation, défend fermement. « Il faut voir loin et pérenniser les activités. Si on fait appel à des bailleurs, comment faire quand l’argent sera épuisé ? » se demande-t-il.

Et pourtant, quelques coups de pouce venus de l’extérieur ont permis d’aller plus loin. Des soutiens ponctuels de l’ambassade des États-Unis ou du consulat de Monaco ont permis, entre autres, de lancer des animations pour les enfants des rues. La seule condition, mais très claire, est de ne pas politiser la donation. « Les seuls bénéficiaires doivent être les enfants », prévient Dimby Ranoelimanana. Aujourd’hui, Ank’Izy pousse encore un peu plus loin les murs. Pour promouvoir la lecture de livres en malgache auprès des enfants des quartiers défavorisés de la capitale, l’association a lancer un bibliobus. Des animations jusque dans les lycées – notamment sur des sujets sensibles comme le syndrome de l’alcoolisation fœtale sont aussi au programme.

Le projet a pris racine à Antananarivo, mais son esprit voyage déjà loin, d’Antsiranana à Manakara, en passant par Antsirabe et Fianarantsoa. Et parfois même plus loin encore, à travers les zoky dont l’expérience de bénévolat a ouvert des portes jusqu’à l’Allemagne pour certains, dans le cadre de séjours au pair. Comme quoi, quand on donne, on reçoit souvent plus qu’on ne l’imagine.

Mpihary Razafindrabezandry

Facebook : Ank’Izy

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Pierrot Men : Le regard d'une vie

Lire

6 juillet 2026

Pierrot Men : Le regard d'une vie

À l'heure où les écrans débordent de couleurs saturées et d'images consommées en quelques secondes, Pierrot Men rappelle qu'une photographie peut enco...

Edito
no comment - Juillet, enfin !

Lire le magazine

Juillet, enfin !

Juillet est là. Et avec lui, cette douce illusion collective qu'on appelle « les vacances ». Douce pour certains, seulement. Parce que pendant que quelques chanceux plient bagages et filent vers les côtes, une bonne partie de Madagascar retient son souffle. Les bacheliers scrutent leur téléphone comme si les résultats allaient tomber par notification divine. Les étudiants enfilent leur première veste de stagiaire — bienvenue dans le monde réel, c'est moins glamour que prévu. Les parents, eux, découvrent avec une joie mitigée que des enfants à la maison toute la journée, c'est bruyant, c'est gourmand, et ça chamaille pour un rien. Quant aux entrepreneurs, ils ont flairé l'aubaine : juillet, c'est la saison des idées — et des chiffres à gonfler. Bref, les vacances, ce grand repos tant attendu, ressemblent pour beaucoup à un sprint déguisé en pause. Heureusement, nocomment est là. Ce mois-ci, on vous embarque à travers Madagascar — ses sorties, ses escales, ses bonnes adresses, ses cultures et ses petites merveilles qui ne font pas de bruit mais méritent qu'on en parle. Parce que s'évader, parfois, ça commence par une bonne lecture.

No comment Tv

Interview - Kintaniavo - Juillet 2026 - NC 198

Découvrez Kintaniavo, jeune rappeuse malgache dans le no comment® NC 198 – juillet 2026.
À 23 ans, Kintaniavo commence à s'imposer sur la scène rap de Madagascar. Finaliste d'un concours télévisé, membre du collectif Independen'zah, elle construit son parcours avec une méthode qui tranche dans un milieu où tout va vite. Pas de buzz fabriqué, pas de raccourci. Juste du travail, et des textes qui frappent.

Focus

Mondiale des services traiteurs

Elimination continental pour la Mondiale des services traiteurs

no comment - Mondiale des services traiteurs

Voir