Nanté98 : Masque de feu
3 mai 2023 // Musique // 11612 vues // Nc : 160

À tout juste 24 ans, Nantenaina Andrianina Rakotonirina de son nom d'artiste Nanté98 est rappeur et propriétaire de la structure Fuego Records et du studio Fuego.Std. Étudiant, il traîne incognito dans les rues de Tana, au silence d’un succès sur les réseaux. Suivi par plus de 41.000 facebookers, ce très jeune rappeur a sa vision du rap à Madagascar et il ne ménage pas ses efforts pour atteindre cet idéal.

« Jereo » et « 100% », deux titres exceptionnels qui ont fait vibrer plus d’un sur les réseaux. Sons à l’honneur de la solidarité, ces petits bouts sont extraits de LIOR, dernier album du rappeur. Artiste, entrepreneur et étudiant, Nantenaina alterne sa vie sur les réseaux avec celle d’un jeune étudiant normal. De l’écriture à la production, Nanté98 gère ces projets de A à Z : déjà deux sons accessibles sur les plateformes de streaming et un troisième en cours. Derrière le succès, un jeune méticuleux et perfectionniste, se donnant à 100 pour cent pour chaque morceau. Le rappeur avoue « mon truc quand je fais un album, c’est de faire 27, 26 chansons et de choisir les 15 à 20 meilleures. C’est mieux d’avoir plusieurs choix que d’en manquer. » Quelques collaborations importantes laissées, Nanté98 ne s’en cache pas « des feats ont été enregistrés mais je ne les ai pas mis dans la tracklist. On me dira que je suis fou ou que je gaspille mes sons mais peu importe le casting, si tu n’es pas satisfait ou si ton/ta collabo ne l’est pas, on ne fait pas le son. »

Nanté98 a débuté sur un défi, les Tentoes Challenge. Poussé par un ami, le maître des mots a gardé ces textes secrets pendant deux ans avant de discrètement les dévoiler en 2019. Depuis, il enchaîne les projets. En 2020, il sort son premier EP (extented play – un petit album) Neuf Huit Part.1, puis un album entier nommé LIOR en mai 2022. Il écrit sur son vécu ou prend la place d’autrui, il n’y a pas de thème précis pour l’auteur. « Quand j’écris, je me pose et je cherche les choses que je ressens, des choses qui me touchent, des choses que j’ai vécues, qu’un proche a vécues, des choses qu’on n’oublie pas facilement. Et je me demande si je pourrais toucher un maximum de gens comme moi. » Les thèmes lui semblent barbants et il attribue ses textes au freestyle, de l’écriture par intuition, avec pour seul but, toucher ses auditeurs. Pour LIOR, l’auteur se lance sur de l’Egotrip (un concept auquel les rappeurs parlent du bien d’eux-mêmes en évitant de dénigrer les autres rappeurs N.D.L.R.), une ode à la force qui l’a mené à travers ses combats.

LIOR, son dernier album s’est fait sur de la cendre. Pas seulement en écriture, Nanté98 n’avait que des moyens limités pour réaliser son projet. LIOR a pris trois ans à se réaliser et l’exigence de l’auteur y est pour beaucoup. Des tracks de 2020, 2021, 2022, la production n’a pas été du luxe. « La création de cet album a beaucoup d’histoires. Je l’ai enregistré dans différents endroits parce qu’on n’avait pas encore de Studio fixe ; je crois qu’en tout j’ai enregistré dans 6 ou 5 endroits différents. On ramenait le matos partout », confie le rappeur. Des drills bien marqués déjà disponibles sur Spotify, Youtube et Deezer. « Tiako koa maman », « Voalohany » et « Farany », les coups de cœur de Nanté98 sont la marque de la passion qu’il y met à la création de chaque morceau. Le rappeur ne peut s’empêcher de s’émouvoir.  « J’ai beaucoup aimé la façon dont je les ai écrits et la façon dont Kresnik et Isekai ont fait ces prods. Après, je suis conscient qu’ils ne sont pas aussi populaires que « Tadidiko » et « Masoandro » mais ce sont ceux qui m’ont le plus parlé. »

De texte, de production et d’image. Nanté98 ambitionne d’améliorer l’image bien délaissée du rap dans le pays. « Beaucoup de gens voient la mauvaise facette du rap. Et celle qui domine, c’est la facette du bad buzz, des clips avec zéro effort, des centaines voire des milliers de jeunes qui rappent parce que c’est « populaire ». C’est cette facette-là que j’aimerais effacer parce que le rap à Madagascar renvoie cette image. » L’artiste vise un meilleur classement de son domaine, un rang dans la « bonne musique ». Un espoir qu’il voit déjà se réaliser sur les réseaux du Fuego Records avec plus de 100.000 auditeurs sur Spotify et quelques 60.000 sur Youtube. Nanté98, de son jeune âge, réveille l’esprit de ses auditeurs à travers ces morceaux et qu’il ne manque pas de remercier. Son succès, il le doit au soutien inconditionnel de ses auditeurs. D’ailleurs, le rappeur promet une deuxième partie à son EP Neuf.Huit part.1 et un mixtape par Fuego bientôt.

Propos recueillis par  Rova Andriantsileferintsoa

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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