Marco Klarck « Ma musique me permet de rester honnête »
3 juillet 2020 // Musique // 16588 vues // Nc : 126

Fusionner l’indie et la pop à la musique traditionnelle du Sud-Ouest, c’est le défi que s’est lancé Marco Klarck. Son premier EP « Lio » (« sang en dialecte vezo »), sorti le 31 mars dernier, l’impose comme l’un des artistes les plus doués de sa génération. Bon sang ne saurait mentir.

« Lio » est une invitation à plonger dans l’univers musical de Marco Klarck Raveloarison, Marco Klarck pour les intimes, et à découvrir la personne qui se cache derrière ce jeune artiste de 25 ans. « Lio c’est moi, c’est mon histoire, c’est tout ce que je suis. Le résultat de sept mois de travail. » La référence au « sang », explique-t-il, est lié aux « blessures de la vie » dont ses chansons se font l’écho, sans jamais tomber dans le larmoiement et l’effusion inutile.

Son mini-album de quatre titres est aujourd’hui sur toutes les plateformes de streaming musical, avec un morceau de bravoure « Laha Hitanao » (Si tu trouves), propulsé en quelques semaines au rang de hit. « Anatin’ny ravinao », « Romotse » (Colère) et « Zanahary » (Dieu) complète l’ensemble, porté par la voix toujours prenante et comme empreinte de mélancolie de Marco Klarck.

 « Le fait qu’une de mes chansons ait été reprise par une artiste comme Niu Raza a été inattendue et m’encourage à aller plus loin », confesse le jeune chanteur qui n’oublie pas qu’il a commencé « tout en bas » en faisant des « covers » (interprétations) sur les réseaux sociaux.

Marco Klarck a beau être nouveau dans le paysage musical, la franchise et la maturité de sa musique n’ont pas manqué de séduire. À travers « Lio », on découvre un univers musical très particulier où l’indie et la pop se mélangent au beko, la musique du Sud-Ouest. « Ce choix m’est venu tout naturellement, même s’il n’est pas sans risque. Ma musique me permet de rester honnête envers moi-même et envers mon public et pour continuer dans cette démarche d’honnêteté, je ne me voyais pas faire autre chose. »

Marco Klarck est né à Maevatanana et a passé une grande partie de sa vie à Morondava. Son vécu, ses expériences et les espoirs qu’il a nourris en grandissant, il a décidé de les mettre en musique. Si pour ce jeune chanteur, le fait de se dévoiler à travers son art est une sorte de thérapie, il espère également que sa musique pourra apaiser les maux de ceux qui l’écoutent. « Mon but est que les gens puissent se retrouver dans ma musique et interpréter les messages qu’elle véhicule selon leur vécu. Par exemple, ma chanson Zanahary (Dieu) parle de ce que c’est que de manquer d’un parent, étant donné que j’ai perdu mon père. Mais les gens peuvent aussi l’interpréter comme une chanson faisant référence à la religion ou la relation qu’on peut entretenir avec Dieu. »

À termes, Marco Klarck aimerait embrasser une carrière internationale. Sa collaboration avec le label Nudacy Records lui a déjà permis de lancer son EP sur toutes les plateformes de streaming et devrait l’aider à concrétiser ce projet. En attendant, il travaille sur le clip de l’une des chansons présentes sur son EP. À suivre.

Propos recueillis par Miora Randriamboavonjy

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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