Elle n'a pas eu besoin de grand-chose. Une guitare, une voix, et ce silence particulier qui s'installe quand quelqu'un chante vraiment. Le 15 mars 2026, à Saint-Witz, Koloina Sandrinah a remporté le Voices & Show – Singing Competition 2026. Madagascar, une fois de plus, s'est fait entendre là où on ne l'attendait pas forcément.

Une victoire haut la main. Dans un concours où chaque artiste dispose de quelques minutes pour convaincre un jury rodé aux effets de manche, Koloina a choisi la simplicité. « Juste guitare-voix, sans artifice », dit-elle. Et c'est précisément ça qui a fait la différence — cette nudité artistique que peu osent, et que moins encore maîtrisent. Et pourtant, son histoire d’amour avec la musique commence timidement dans l’air du quartier d’Ambohibao, Antananarivo. « Je vivais déjà la musique partout… dans la rue, sur scène, en studio, même dans les moments les plus simples », confie-t-elle. Sa mère dit qu'elle chantait déjà dans le ventre. L'anecdote fait sourire, mais elle dit quelque chose de vrai : chez Koloina, la musique ne s'apprend pas.
Les années passent, les scènes changent. Institutions, églises, écoles — puis plus grand. Koloina grandit aux côtés de Mahaleo, d'Erick Manana, du Palais des Sports Mahamasina au Casino de Paris. Des compagnonnages qui forment, sans formater. Son univers musical reste résolument libre. Folk malgache, jazz, rock, pop — tout se mélange, sans hiérarchie. « La musique, c'est comme une salade de fruits. C'est le mélange des saveurs qui crée quelque chose de beau », dit-elle, philosophe. Le soir de la finale, en coulisses, pas de panique. « J'étais concentrée, déterminée, et surtout curieuse de voir ce que ça allait donner », raconte Koloina, comme pour dire que le calme est sa marque de fabrique. Sur scène, elle suspend le temps, sous les yeux d’un public ébahi.
La victoire, elle la reçoit avec la même sobriété. « C'est une belle occasion de partager mon talent et d'ouvrir de nouvelles perspectives », avait-elle dit. Représenter Madagascar à l'international — après tant d'autres qui ont tracé ce chemin, elle en mesure le poids. « C'est une immense fierté… peut-être un peu de pression aussi, mais une pression positive », confie-t-elle. Installée en France, elle écrit, compose, accumule les titres : Dada tiako, Dépasser ma limite, Ny taniko. Une discographie est en cours de construction.
Lucas Rahajaniaina
Contact facebook : Koloina Sandrinah
Photos : Koloina Sandrinah