Haridio et Lova Santatra
26 octobre 2025 // Quiz & Actuel // 4328 vues // Nc : 189

Haridio : Le collectif fait la force

Haridio Randriamanantsoa est une personnalité incontournable. Promoteur culturel et artistique, fondateur du collectif BSKMG, il est à l’origine de nombreux événements et festivals culturels comme Indie Indry, entre autres. Son nom est désormais bien connu, la presse parle beaucoup de lui. Mais sans fausse modestie, l’homme rappelle que la réussite de chacun des projets qu’il a portés tient avant tout à son équipe. « Je n’ai pas de super-pouvoir. C’est chaque membre du collectif – avec ses compétences et sa passion pour la musique – qui fait le succès de ce que nous organisons », souligne-t-il. De l’organisation d’événements à l’accompagnement artistique, en passant par la communication et les partenariats, chaque projet est le fruit d’un travail collectif, où toutes les tâches sont valorisées au même niveau. Certes, travailler en équipe, c’est parfois des idées qui s’opposent, des débats qui s’éternisent, des visions qui divergent. Mais Haridio a compris que c’est justement ce qui rend l’aventure passionnante et fait avancer les choses.

Conscient de l’importance du travail d’équipe, il s’est entouré, au sein de BSKMG, de personnes animées par la même passion pour la musique et, surtout, la même vision. « Monter un événement, c’est des mois de travail acharné. Autant les vivre avec les bonnes personnes. La convivialité et la bonne humeur donnent du tonus et de l’énergie », ajoute-t-il. En y réfléchissant, même le mot collectif, qui décrit BSKMG, traduit déjà cette inclination profonde pour le travail en groupe. Pas d’égo, que des échos ?

Rova Andriantsileferintsoa

Lova Santatra : Seule, et alors ?

Les pieds dans l’eau, assise sur un rocher avec une feuille sur les genoux, Lova Santatra a tout d’une image figée de poétesse. Le cliché est évident, mais c’est ainsi qu’elle écrit depuis 1997. Cette discipline solitaire lui a valu l’estime de figures comme Bessa et Solofo José. Chez elle, l’acte d’écrire n’est pas un exercice collectif : c’est un tête-à-tête avec la nature et ses émotions. Depuis qu’elle a quitté la capitale pour une maison près de Sabotsy Namehana, cet isolement a pris encore plus de sens. « Quand j’écris, ma famille reste au rez-de-chaussée. Ils savent que ce retrait n’est jamais inutile, car un texte finit toujours par naître. C’est indispensable pour rester fidèle à ce que je ressens », soutient-elle. Ses rares expériences de collaboration ne lui ont jamais donné goût à l’effort collectif. Elle participe au Faribolana Sandratra, ce cercle de poètes qui se réunit au CGM, mais reconnaît que ce n’est pas son terrain naturel. Lors de la sortie du recueil Kipantsona avec Voary, elle a vite été rattrapée par son besoin d’autonomie.

« J’ai tout préparé seule. Les autres n’ont débarqué qu’une fois la scène montée. C’est exactement pour ça que je préfère m’en charger moi-même : au moins, je peux compter sur ma propre détermination », déclare l’artiste. Et si Lova Santatra cultive la poésie en solitaire, elle explore aussi la mode. Mais là encore, elle se heurte aux contraintes d’un univers où l’équipe est indispensable. Un mannequin qui se désiste, des collaborateurs volatils, des dizaines de mails à gérer… la liste est longue. « Mon rêve serait d’avoir un manager qui s’occupe de tout ça. Comme ça, je pourrais me concentrer uniquement sur ce qui m’importe : créer, seule », songe la poétesse.

Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Lova Santatra

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Le 1er mai, à Madagascar, certains se lèvent à l'aube pour aller… travailler. Pas par oubli du calendrier, mais par nécessité. Il y a quelque chose de presque philosophique là-dedans. Depuis des décennies, le monde entier célèbre ce jour comme une victoire arrachée de haute lutte — Chicago, 1886, le sang des ouvriers sur les pavés, la semaine de huit heures comme horizon promis. Belle histoire. Sauf qu'ici, à Antananarivo comme à Tamatave, la question n'est pas tant de combien d'heures on travaille, mais bien de combien de travaux on jongle simultanément. Prenez ce vieux Mamy. Fonctionnaire le matin, revendeur de crédit téléphonique l'après-midi, et le week-end — discret, mais régulier — petit élevage de poulets en banlieue. Trois activités, un seul homme, zéro fiche de paie qui suffise. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de la survie érigée en système. On appelle ça « avoir plusieurs cordes à son arc », expression polie pour désigner une réalité que beaucoup connaissent sans jamais nommer.Car le vrai travail malgache, celui qui fait tourner les familles, se passe rarement sous les projecteurs des statistiques officielles. Il est informel, inventif, insaisissable. Un peu comme ce personnage de Sisyphe — mais version optimiste : Sisyphe qui, en remontant son rocher, aurait trouvé le moyen de vendre des cacahuètes sur le chemin. Alors pour ce 1er mai, fêtons le travail — tous les travaux. Celui qu'on déclare et celui qu'on tait. Celui du contrat et celui du débrouillard. Avec une pensée particulière pour tous ceux qui, aujourd'hui encore, n'auront pas le luxe de s'arrêter pour célébrer. La fête du Travail leur appartient aussi. Peut-être même surtout.Solofo Ranaivo

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