Fitia O'Neyl : Malgache d’abord
19 avril 2026 // Musique // 4132 vues // Nc : 195

En janvier dernier, Fitia O'Neyl sortait son premier single indépendant, « Just an escape » — de la pop moderne, un texte en malgache, et une ambition internationale. Un morceau qui dit beaucoup sur qui il est, et d'où il vient.

©photo : fitiaoneyl

Rester près de ses sources. Mettre un peu de sa culture et de celle du monde dans un morceau. C'est le pari de Fitia O'Neyl avec « Just an escape », disponible sur Spotify et YouTube — de la pop pour un public international, sur un texte entièrement en malgache. Une manière, pour cet artiste né et grandi en France, de redonner de la valeur à une langue qu'il a longtemps cherchée avant de la retrouver. Ce premier single est une ode à l'espoir, au courage, à l'envie de vivre enfin ce chemin longtemps ignoré — à cause des attentes, à cause de la peur. Fitia O'Neyl écrit en s'inspirant de son vécu, mais aussi de ses héros. « J'ai remarqué que toutes les chansons et films que j'aimais avaient en commun l'histoire d'un mec lambda qui rêvait de choses qui ont l'air impossibles, inaccessibles », dit-il en riant. Sur une sonorité de pop moderne avec une touche électronique, porté par une voix maîtrisée — l'artiste avoue « chanter avec le masque » —, « Just an escape » est une invitation à se laisser emporter dans ses rêveries, sur un rythme qui donne envie de bouger.

Et sur cette sonorité pensée pour un public international, Fitia O'Neyl choisit d'écrire en malgache. Le défi était personnel autant qu'artistique. Issu de parents malgaches, il avoue avoir arrêté de parler la langue vers ses six ans, au moment où il a commencé à faire la différence entre ses deux langues maternelles. Il la reprend à l'adolescence, pour enfin s'y reconnecter — et en faire, des années plus tard, un texte « avec des mots de tous les jours ». En 2021, après un concours de musique en France, il apprend à travailler sa voix et, par la même occasion, à danser.

C'est un single qui navigue entre plusieurs influences sans se perdre dans aucune. Fitia O'Neyl fait une musique qui lui ressemble — une décision osée, car il ne tombe ni dans le folklore ni dans les clichés occidentaux, bien qu'il s'en inspire librement. « J'ai grandi en écoutant beaucoup de variété française par mon père, mais j'ai été énormément influencé par la pop américaine par ma mère, et plus tard, par les Coréens », confie-t-il. Le résultat est un morceau qui peut réveiller une vague de nostalgie — celle des animes du samedi matin ou des grandes épopées pop — sans jamais sonner comme une copie. Fitia O'Neyl a choisi le genre idéal pour mettre en avant sa langue et son pays. Cette année, il prévoit de continuer à développer son univers artistique, à produire ses singles, et à embarquer plus de monde dans ses rêves.

Rova Andriantsileferintsoa

Instagram : @fitiaoneyl
Contact : fitiaoneyl.pro@gmail.com

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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