Faratiana Raharimanana : En mode sans échec
19 avril 2026 // Loisirs & J’ai essayé // 2719 vues // Nc : 195

Quadruple championne nationale, Woman Fide Master, arbitre nationale et désormais présidente de la ligue d'échecs d'Analamanga — Faratiana Raharimanana n'a pas fini de déplacer des pièces. Sur l'échiquier comme ailleurs.

Il y a des destins qui ressemblent à une ouverture sicilienne : imprévisibles, audacieux, redoutablement efficaces. Faratiana Raharimanana n'avait pas prévu de tomber amoureuse des échecs. C'est arrivé quand même. Et depuis, elle n'a pas vraiment arrêté de gagner. Récemment élue à la tête de la ligue d'Analamanga, cette Tananarivienne cumule quatre titres de championne de Madagascar — 2014, 2021, 2022 et 2023 — et une collection de trophées régionaux qu'elle ne prend même plus la peine de compter. « Je ne compte pas le nombre de trophées gagnés au sein de la ligue d'Analamanga et autres tournois non officiels », dit-elle avec le détachement de quelqu'un pour qui gagner est devenu une seconde nature. En 2011, elle décroche le titre de Woman Fide Master — troisième distinction féminine la plus élevée de la FIDE, obtenue en atteignant un classement Elo de 2100 et en disputant au moins 30 parties. En 2021, elle signe un score parfait : 7 sur 7, sans défaite ni nulle, lors du championnat national. Un résultat que même les grands maîtres envient.

Ce qui rend cette performance encore plus remarquable ? Elle était enceinte. « Ce n'est pas facile de garder son titre », raconte-t-elle sobrement. Elle l'a gardé quand même. Faratiana est à l'aise dans tous les formats — du bullet à 1 ou 2 minutes, où chaque coup est un réflexe, aux parties classiques en neuf rounds qui s'étirent sur des heures. Une polyvalence rare, qui dit quelque chose sur la profondeur de son jeu. Avant l'échiquier, elle était sur le tatami. Faratiana pratiquait le jiu-jitsu — cet art martial de soumission, où l'on cherche à contrôler l'adversaire par étranglements et clés articulaires. « Je pense que mon expérience sur le tatami me sert sur l'échiquier », glisse-t-elle. On la croit sans peine : en échecs comme en jiu-jitsu, la position compte autant que l'intention.

Les échecs lui ont appris autre chose. « Ce jeu m'a appris à être combative, à apprendre de mes erreurs et ne jamais me laisser abattre. Je me relève quoi qu'il arrive. » Même les grands maîtres font des blunders — ces erreurs décisives qui retournent une partie en un coup. « Comment moi, qui ne suis pas encore à leur niveau, ne pourrais pas en faire aussi ? » Mais elle rappelle aussi que les échecs restent le seul sport où un enfant peut théoriquement battre Magnus Carlsen. Tout est possible, jusqu'au mat final. Arbitre nationale en parallèle, elle vise désormais le titre d'arbitre internationale. Et elle vient de lancer tiachess.com, une plateforme digitale dédiée à la promotion des échecs à Madagascar. L'échiquier malgache a trouvé sa reine.

Solofo Ranaivo

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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