Marie Ange Andrianaho : Un poisson dans l’eau
2 juin 2026 // Loisirs & J’ai essayé // 2736 vues // Nc : 197

À 16 ans, Marie Ange Andrianaho ne fait plus de bulles, elle fait des chronos. En mars dernier, six courses, six finales, une pluie d'or et d'argent au championnat de Madagascar. Cette lycéenne qui nage deux fois par jour vient de prouver qu'elle n'est plus une promesse : elle est une certitude.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Lors du championnat de Madagascar open bassin de 50 mètres en mars 2026, Marie Ange a enchaîné les meilleures performances comme d'autres enchaînent les longueurs d'échauffement. Sur le 200 mètres nage libre, elle passe de 2'20"87 à 2'20"46 – une amélioration qui, dans l'univers des chronos serrés, équivaut à un gouffre. Même scénario sur le 400 mètres nage libre : 5'00"50 contre 4'59"65. Six courses, six finales, et une moisson de médailles or et argent qui confirment son statut de leader dans les bassins malgaches. Cette nageuse ne collectionne pas les médailles par hasard : elle les chasse avec la précision d'un requin qui repère sa proie.

Le succès de Marie Ange ne doit rien au hasard ni aux coups de chance. Il se construit chaque jour, entre deux eaux et deux mondes. Pour cette lycéenne, la journée commence à l'heure où la ville dort encore. De 5h30 à 7h, elle enchaîne les longueurs avant de courir en classe. Dès la cloche finale, direction l'ANS Ampefiloha pour une deuxième session de 17h à 20h. « À l'école, je me concentre au max, à la piscine, je nage à fond », confie-t-elle avec ce pragmatisme désarmant des champions en devenir. C'est ce calibrage entre technique et endurance qui définit sa réussite. Là où beaucoup verraient un sacrifice, Marie Ange y voit une trajectoire. Elle ne se contente pas de nager, elle optimise chaque mouvement, consciente que la force brute ne suffit plus pour franchir un palier international.

Habituée des podiums internationaux – Jeux des Îles, CJSOI, Meeting de l'Océan Indien –, Marie Ange n'a pas attendu ses 16 ans pour connaître la pression des grandes échéances. Elle se souvient de ses débuts à 10 ans à Antsirabe, un moment « catastrophique » où un bonnet déchiré l'avait forcée à l'abandon. Dix ans plus tard, la petite fille qui n'avait pas de médaille a laissé place à une compétitrice redoutable capable de s'auto-motiver quand la flemme ou l'épuisement frappent à la porte. « Aller de l'avant et aller plus loin », voilà son mantra. Après un mois de pause bien mérité, la préparation reprend pour le championnat en bassin de 25 mètres à Mahajanga. Mais son regard est déjà tourné vers l'horizon : le Championnat du Monde Jeunes et, comme tout nageur d'élite, l'ultime rêve olympique. Avec son club de Saint-Michel derrière elle et une détermination qui semble inépuisable, Marie Ange Andrianaho n'a pas fini de faire des vagues.

Tatiana Randriamanakajasoa

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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