
Du 3 au 27 mai 2026, au Tiers-lieu Mahatazana à Antananarivo, l’exposition « Zaza Mitaiza Zaza » secoue les consciences car derrière ses couleurs vives et ses textures brutes, un constat brutal des « enfants qui élèvent des enfants », une réalité qui touche jusqu’à un tiers des mères malgaches. Dans un clin d’œil assumé à son initiative Children Raising Children, née d’un regard « jamais oublié » croisé dans un hôpital du Sud, la photographe Viviane Rakotoarivony transforme son impuissance en manifeste artistique, martelant que « la société a souvent choisi pour elles », entourée d’artistes comme Mahefà Rasamuel, Gina Ramarosaona, Na Hassi ou Andri Marcel.
Mais au-delà de l’esthétique, ce projet hybride et engagé agit comme un électrochoc collectif : en réunissant un kaléidoscope de créateurs, dont Miaro Ramaherison, Anjatiana Andrianoroarivo ou Tiffany Andrianjaka, il interroge frontalement les responsabilités sociales et l’avenir d’enfants nés dans la précarité. « Donner une voix à ces jeunes filles », insiste-t-elle dans son discours convaincue que l’art peut « toucher là où les mots seuls n’arrivent plus ».
Donc, entre vulnérabilité et résilience, l’exposition dépasse ainsi la contemplation pour devenir un espace de débat, de mobilisation et d’espoir un cri visuel, puissant et nécessaire, pour que ces vies invisibilisées cessent enfin de l’être.