Mazavaloha : Eclats d’âmes
1 avril 2026

À Ampasanimalo, l’exposition Mazavaloha réunit trois trajectoires qui se croisent depuis plus de vingt ans et qui, aujourd’hui, s’éclairent mutuellement. Jusqu’au 22 avril 2026, Yasmine Fidimalala, Andry Anjoanina et Ony Hanjaka investissent La Teinturerie avec une énergie à la fois intime et universelle. Plus qu’une simple exposition, c’est une traversée dont celle d’une amitié forgée dans les débuts incertains, puis consolidée par le temps, les épreuves et une même nécessité de créer. « On s’est connus à nos 20 ans, quand on était encore des artistes émergents… et depuis, on ne s’est jamais vraiment quittés », confie Yasmine Fidimalala.

Mais derrière cette complicité, c’est surtout une quête qui se dessine. Mazavaloha littéralement “lumière ancienne” explore un cheminement personnel autant qu’artistique, où l’humain et le créateur ne font qu’un. Ainsi, Yasmine inscrit dans ses toiles une parole engagée, portée par son vécu de femme, de mère et d’artiste malgache , « mon art est devenu un combat… pour les droits des femmes, des enfants, et un retour à notre spiritualité originelle ». Une vision qui dialogue avec les sculptures lumineuses d’Andry Anjoanina, inspirées du hazavana, et les œuvres mystiques d’Ony Hanjaka, assemblages hypnotiques d’objets du quotidien.

Cependant, au-delà des formes, c’est une transmission qui s’impose comme fil rouge. Car ces artistes, autrefois guidés par leurs aînés, se positionnent désormais comme des “zoky”, porteurs d’une lumière à transmettre. « Mazavaloha, c’est aussi montrer le chemin aux plus jeunes », insiste l’artiste, consciente du rôle de passeur qui leur incombe.

Dans un contexte où l’artiste malgache doit souvent tout assumer création, communication, vente , exposer devient alors un acte presque vital. « Un artiste doit créer comme il respire… sinon, ce n’est plus un artiste », affirme-t-elle. Et si les œuvres ne se “mangent pas”, elles racontent pourtant des vies entières. Ici, près de quarante pièces dialoguent, oscillant entre ombre et lumière, dans une harmonie fragile mais profondément humaine.

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Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

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Interview - Tahiry David Animator - Juin 2026 - NC 197

Découvrez Tahiry David Animator, un animateur 2D-3D dans le no comment® NC 197 – juin 2026.
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