Joseph Olivier : Roche attitude
9 août 2026 // Métiers & Petits Métiers // 888 vues // Nc : 199

Tables, vasques, plans de travail, sculptures, pièces tombales, objets de décoration — tout cela sort des mains d'un seul homme. Joseph Olivier, artisan tailleur de pierre à Ambatomirahavavy, exerce ce métier depuis des décennies. Un savoir-faire qui a commencé par nécessité, et qui est devenu une passion qui lui fait bouillir la marmite.

La meuleuse crie, la poussière flotte en nuages blancs, et Joseph Olivier ne lève même pas les yeux. À 25 ans, il connaît ce langage depuis l'âge de 13 ans — celui des carrières, des blocs de plusieurs tonnes, des coups de marteau qui résonnent sur la roche. « J'avais 13 ans quand j'ai commencé dans les carrières », raconte-t-il, une fine pellicule de poussière sur le front. Sans long parcours scolaire, il a choisi une autre école — celle du terrain. Extraction, gravillons, parpaings, pierres tombales — il a découvert toutes les facettes de la matière avant de la transformer en objets d'art. « Beaucoup disent que le travail en carrière est un métier de prisonnier. Pourtant, c'est un art et une passion », dit-il avec un sourire qui en dit long sur la relation qu'il entretient avec sa roche.

Parce qu'ici, la force seule ne suffit pas. Il faut du regard, de la technique, et surtout l'oreille. « Quand on frappe la pierre, son son nous indique comment elle va se casser », explique Olivier. Un détail qui peut faire la différence entre une belle pièce et un bloc bon pour recommencer depuis le début. La sueur dégouline sur son front pendant qu'il décrit son processus — et on comprend vite qu'une table sculptée ou une carte de Madagascar en pierre ne se torche pas en un après-midi. Certaines pièces demandent plusieurs mois de travail. Pas question de brusquer la matière — elle a attendu des millions d'années pour exister, elle peut bien prendre quelques semaines de plus pour devenir une œuvre. Les tarifs suivent cette logique — les grandes tables peuvent atteindre 3 millions d'ariary pour un modèle de trois mètres sur un mètre.

Le métier reste un combat quotidien. Les blocs pèsent plusieurs tonnes, les éclats de pierre blessent, et les mois creux succèdent parfois aux périodes bien remplies. Dans son atelier de bord de route nationale à Ambatomirahavavy, le silence entre deux coups de meuleuse a quelque chose de presque solennel. « C'est difficile, mais ça fait vivre », affirme-t-il, les mains posées sur un bloc encore brut — une table en devenir, peut-être, ou une sculpture qui attend qu'on lui découvre un visage. Car Joseph Olivier ne casse pas simplement des pierres. Il révèle ce qu'elles avaient déjà à raconter. Et ça, aucune école ne l'enseigne vraiment.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 0342528255
Propos recueillis par
Photos Andriaparany Ranaivozanany

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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