Antanàna Ambony : En haut lieu
12 mars 2026 // Escales // 1012 vues // Nc : 194

Perchée sur les hauteurs de Fianarantsoa, la Ville Haute – Antanàna ambony – expose ses toits rapprochés, ses petites rues pavées et ses clochers comme un livre d'histoire à ciel ouvert. Ce quartier célèbre, classé et bien gardé, offre aux visiteurs un aperçu spécial de l'urbanisme merina du XIXe siècle, mélangeant foi religieuse, souvenirs royaux et la tranquillité de vie betsileo.

Ici, on doit toujours monter à pied. Pas de voitures autorisées, à cause du terrain qui grimpe pas mal. En plus, les vieilles maisons n'ont pas de fondations solides et ne résisteraient pas aux vibrations des moteurs. Mais, c'est pas si mal en fait. On visite Antanàna ambony tranquillement, en montant les escaliers en pierre et les petites ruelles pavées, au milieu de presque 500 toits colorés. « La reine Ranavalona I a créé la ville en 1830, à l'endroit où il y avait le village betsileo d’Ivonea », raconte Jeannot, un des guide les plus connu de ce site touristique. C'était censé être un point de passage important entre Antananarivo et le Sud. Fianarantsoa veut dire là où on apprend le bien, c'était un objectif politique et symbolique. C'est marrant, parce que celle qu'on dit avoir persécuté les chrétiens a vu sa ville devenir l'endroit avec le plus d'églises du pays.

Tout en haut, le temple protestant d'Antranobiriky (1859), le premier bâtiment solide de la ville, domine tout. En dessous, on trouve Ambalavao (1864), Randzavola Ivohidahy (1868), Imasombahoaka (1885), Andranosoalaza (1887) et Ambozontany (1900). La cathédrale, qu'on appelle le Vatican de Fianara, impressionne avec son look toscan, nous rappelant l'importance de la religion dans l'aménagement de la ville. Mais Antanàna ambony n'est pas un simple musée. C'est un quartier animé : des enfants qui courent à l'école, des cours fleuries, des balcons en bois travaillé, quelques petits restos et des chambres d'hôtes dans des maisons anciennes rénovées. Les habitants sont très attachés à leur quartier, et des projets locaux les aident à le préserver. La Ville Haute, classée zone protégée pour son intérêt historique et son architecture, a même rejoint en 2008 la liste des 100 sites du World Monuments Fund. Selon l’Office régional du tourisme de Matsiatra Ambony, ce site se positionne tout en haut de la liste des endroits les plus visités de Fianarantsoa et de toute la région. On y va pour la vue – géniale sur la ville moyenne et basse – et pour l'ambiance tranquille, presque hors du temps. Et on repart avec l'impression d'avoir saisi quelque chose de Madagascar : un pays vertical, spirituel, et profondément ancré dans ses racines.

Solofo Ranaivo

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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