Ambodiriana : Bassin secret
15 février 2026 // Escales // 1459 vues // Nc : 193

À la sortie d’Antsirabe, la route file vers le sud avant de s’effacer doucement au profit du paysage. À Ambodirina, la chute ne se dévoile pas d’un seul regard : elle se découvre pas à pas, entre villages vivants, rochers sculptés et bassin naturel. Une escale brute et apaisante.

Depuis Antsirabe-ville, il faut compter 20 à 25 kilomètres depuis le stationnement d’Ambavahady Mangatsiaka sur la RN7. « L’accès est simple jusqu’aux abords du site », explique un responsable de l’Office régional du tourisme du Vakinankaratra. La marche commence seulement aux abords de la chute. Quelques minutes suffisent pour quitter le bruit de la route et entrer dans un autre tempo, plus lent, plus organique. Le sentier traverse rizières ondulantes et villages discrets où la vie suit son cours. Puis, soudain, le décor change : de grands rochers surgissent, massifs et silencieux, annonçant la présence de l’eau. « Ce sont d’abord ces formations rocheuses qui impressionnent, avant même d’atteindre la chute », précise le responsable. Véritable cœur du site, Ambodirina attire randonneurs, amateurs de trail et visiteurs en quête de nature intacte.

L’ascension reste accessible, mais la récompense est immédiate. Depuis les hauteurs, la vue s’ouvre sur vallée verdoyante, reliefs doux et lignes d’eau qui structurent l’espace. En contrebas, le bassin révèle une plage naturelle inattendue. « Ce n’est pas une plage classique, mais quand il fait chaud et que l’eau est claire, le lieu devient vraiment exceptionnel », confie le responsable. La baignade y est possible, dans une eau fraîche et limpide, presque irréelle.

Ambodirina vit aussi par ses rencontres. Guides locaux, habitants disponibles et artisans travaillant la soie sauvage donnent au lieu une dimension humaine précieuse. Certains visiteurs s’attardent à observer, d’autres reprennent leur souffle au bord de l’eau, ou s’allongent pour écouter son murmure. Le site se prête aux pique-niques, à condition de respecter les fady : le porc et l’ail y sont interdits.

La saison des pluies modifie le visage du site, rendant l’eau plus puissante et les routes plus délicates. Les mois de mai à juillet restent idéaux. « C’est à cette période que la chute révèle tout son équilibre », affirme l’Office du tourisme, qui mise aujourd’hui sur la randonnée et le trail pour valoriser Ambodirina et l’ensemble de la commune de Manandona.

Lucas Rahajaniaina

Contact Office Régionale du Tourisme Vakinakaratra : 0346013540
Facebook : https://www.facebook.com/share/1BYmQ5sMNs/
Photos Office Régionale du tourisme Vakinakaratra

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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