Vain’Af : Punk sudiste
7 septembre 2025 // Musique // 12373 vues // Nc : 188

Ils sont quatre sur scène, parfois cinq en coulisses, et dans leurs veines coule un alliage explosif de riffs distordus et de racines profondes. Vain’Af, c’est le bruit et la sueur du sud, porté par un punk aux couleurs de tsapiky.

Des riffs étourdissants, des coups de baguettes cataclysmiques, et une rage contenue qui explose à chaque montée. Vain’Af, c’est le Sud à l’état brut, électrifié par un punk sans fard. Né officiellement en 2022, ce groupe s’impose comme un des fers de lance du rock sudiste à Madagascar. La bande est formée de Tantelisoa Tovoarinoro à la voix râpeuse et à la guitare acoustique, de Kotokely Bienvenu Ratovoniaina à l’électrique — également compositeur —, de Heriniaina Tryg Aurelien Randrianohantaina à la batterie, d’Agdilah Rabenasolo à la basse, et Maximin Njava à la console. Une équipe née de croisements de routes et de rêves tenaces. Une formation montée non pas pour plaire, mais pour brûler. Le nom Vain’Af, boule de feu, explique tout.

Leur son sonne comme une claque. Une fusion musclée entre tsapiky rétro et punk tendu, trempée dans le sable chaud de l’Atandroy. « Ce n’est pas du pop rock. C’est du punk, avec le rythme Banaiky comme colonne vertébrale », insiste Kotokely. Ce qu’ils cherchent, c’est amplifier la culture sudiste sans la diluer. Injecter dans les oreilles d’aujourd’hui des échos ancestraux, les réchauffer à la distorsion, puis les balancer en pleine face, bruts de scène. Les textes, eux, parlent sans filtre. Chaleur accablante, pauvreté, galères du quotidien, insécurité grandissante. Le tout chanté en dialecte Vezo pour les morceaux tsapiky, Atandroy pour les riffs plus nerveux. Une langue pour chaque battement, chaque colère. « Sur scène, on sort tout ce qu’on a gardé en nous », lâche Tryg. Et le public suit. Indie Indri 2025 ne s’est pas encore remis de leur passage incandescent.

Vain’Af, c’est aussi une ambition. Les gaillards veulent faire rayonner le rock du Sud, un courant encore timide mais bien vivant. Le groupe peaufine actuellement son premier album, dix morceaux ciselés entre Toliara et Antananarivo. Huit brûlots aux rythmiques incandescentes, et deux titres volontairement plus doux, aux accents britanniques — pour respirer entre deux tempêtes. « L’idée, c’est de rester fidèle, tout en étant accessible », résume Tryg. Pour les prochains concerts, ils prévoient d’accrocher des mégaphones sur la façade de scène, comme dans les bals du sud. Le geste est symbolique, presque manifeste. Car Vain’Af, c’est aussi ça. Ce sont cinq électrons soudés autour d’une culture vivante, un son libre, intense, enraciné. Un pacte électrique entre tradition et chaos. À fond les amplis. Sans concession.

Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Vain’Af Ofisialy
Contact : vainaf601@gmail.com
+261 34 87 705 32

Laisser un commentaire
Lire aussi
no comment
no comment - FOS'ART FESTIVAL : Un trio majeur sur la grande scène

Lire

3 octobre 2026

FOS'ART FESTIVAL : Un trio majeur sur la grande scène

Shyn, Denise et Bolo en tête d'affiche. Pour sa toute première édition, le 10 octobre 2026, le FOS'ART FESTIVAL réunit un trio d'exception au Golf Gal...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - Ravo Raboanarison - Août 2026 - NC 199

Découvrez Ravo Raboanarison, violoniste, dans le no comment® NC 200 – septembre 2026
La scène du classique et du jazz connaît Ravo Raboanarison — notamment pour avoir tenu le premier violon au sein du Quatuor & Squad. Mais depuis quelques temps, cet archet-là ne se laisse plus enfermer dans un seul registre. Vingt-trois ans de pratique, et une conviction qui s'est imposée progressivement : le violon peut aller bien au-delà du classique.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir