Toavinjanahary Marianno : Hors logique
19 octobre 2025 // Arts Plastiques // 1919 vues // Nc : 189

Ce mois-ci, c’est Toavinjanahary Marianno qui réalise la couverture de nocomment. Premier prix du concours Art & Design, ce peintre se distingue par ses œuvres que les amateurs d’art qualifient d’insaisissables. Des tableaux hors cadre !

Comment la création est-elle entrée dans votre vie ?
Privé de dessin par mes professeurs qui me confisquaient mes carnets, j’ai rusé en me tournant vers l’écriture. Plus libre après le bac, je me suis formé seul à la peinture. Sans thèmes imposés, je crée pour moi, incapable d’attendre l’existant : là où d’autres achetaient des posters, moi, je les dessinais.

Vous avez remporté le premier prix du concours Art & Design.
Le tableau Mbola tsy nahazo fahaleovan-tena n’était même pas achevé quand je me suis inscrit. J’ai sauté sur l’occasion. Le voir utilisé en photo de profil ne m’a pas surpris : les gens n’avaient jamais vu ça en soixante ans. Peut-être que ça a changé leur regard sur la situation locale.

Aujourd’hui, vous vous êtes lancé dans le surréalisme ?
Je refuse de rester enfermé dans une formule, même gagnante. On nous martèle l’objectivité en histoire, mais à force, elle devient une maladie qui étouffe la peinture.

Le surréalisme m’a offert une échappée vers l’inconscient et l’irrationnel. Découvert à travers mes cours, j’y ai trouvé une correspondance avec ma quête : matérialiser ce qui échappe à la logique. Mais ce n’est qu’une étape : après lui, je veux explorer l’inspiration elle-même, du Caravage au baroque.

Votre exposition personnelle sera justement consacrée à ce thème.
Le titre sera Quand l’amour est surréaliste. J’ai voulu matérialiser mes réflexions après avoir posé des questions objectives sur l’amour éros, celui qui est sensuel et passionnel. Très vite, je me suis heurté à l’impossibilité de le comprendre logiquement. L’amour est une impasse, une absurdité, une libération ? J’ai renoncé à la logique et choisi le surréalisme pour expliquer l’inexplicable. Parce qu’aimer, au fond, c’est déjà plonger dans le rêve et l’inconscient.

Vous êtes plus aquarelle ou peinture à l’huile ?
J’utilise tous les médiums. L’acrylique quand je suis pressé, l’huile quand j’ai de la patience. Crayon, aquarelle aussi. Ce n’est pas une question d’outil, mais de désir. Je ne sais pas si j’ai de l’inspiration ou non. J’ai juste ce besoin de faire, alors je fais.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Marianno Toavinjanahary

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Décembre arrive et, comme chaque année, Madagascar se réveille culturellement.
Soudainement, les salles de spectacle se remplissent, les artistes sortent du bois, les concerts s’enchaînent. C’est la saison des festivités de Noël mêlant sacré et profane, et des expositions de dernière minute. Bref, tout le monde s’active comme si l’année culturelle se jouait en un seul mois. Et franchement, il y a de quoi se poser des questions. On ne va pas se mentir : les artistes malgaches ne sont pas là uniquement pour nous divertir entre deux repas de fête. Ils bossent, ils créent, et à leur niveau, ils font tourner l’économie. Le secteur culturel et créatif représentait environ dix pour cent du PIB national et ferait vivre plus de deux millions de personnes. Pas mal pour un domaine qu’on considère encore trop souvent comme un simple passe-temps sympathique, non ?
Alors oui, ce bouillonnement de décembre fait plaisir. On apprécie ces moments où la création explose, où les talents se révèlent, où la culture devient enfin visible. Mais justement, pourquoi faut-il attendre décembre pour que cela se produise ? Pourquoi cette concentration frénétique sur quelques semaines, alors que les artistes travaillent toute l’année ? Des mouvements sont actuellement en gestation pour revendiquer leur statut d’acteurs économiques essentiels et pour que l’on accorde à nos créateurs une place réelle dans la machine économique du pays. La culture malgache vaut bien mieux qu’un feu d’artifice annuel. Elle mérite qu’on lui accorde l’attention qu’elle réclame douze mois sur douze.

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Prise de vue : no comment® studio 
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG 
Make up : Réalisé par Samchia 
Modèles : Lana, Judicaël, Catuchia, Faravavy, Tojo, Mitia, Santien, Mampionona 
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

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